Les négociations dans le secteur public, c’est parti!

Les négociations dans le secteur public dans le but de renouveler les conventions collectives des quelque 400 000 travailleuses et travailleurs de l’État québécois sont en marche. Déjà à la FTQ, les équipes de négociations sont au travail. Quatre de nos syndicats affiliés représentent des personnes salariées dans le secteur public : le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), le Syndicat québécois des employées et employés de service, section locale 298 (SQEES-298), le Syndicat des employées et employés professionnels-les et de bureau (SEPB) et l’Union des employés et employées de service, section locale 800 (UES 800).

Nos organisations syndicales représentent des travailleurs et travailleuses dans les secteurs de l’éducation et de la santé et des services sociaux : services auxiliaires, services de garde, soutien technique et paratechnique, administration et travail de bureau, restauration, préposés, ouvriers spécialisés, cuisiniers, cols blancs, cols bleus, concierges, professionnels et techniciens dans la santé, personnel en soins infirmiers et cardio-respiratoires, etc.

Infos-négos

Vos comités de négociation à la table centrale et aux tables sectorielles poursuivent le travail amorcé l’automne dernier malgré la crise que nous traversons présentement. Vous le savez, la FTQ et ses affiliés dans cette négociation ont répondu à l’appel du gouvernement en mars dernier pour tenter de convenir d’un accord rapidement.

Vos équipes de négociation ont répondu à l’appel du gouvernement, mais force est de constater que nos vis-à-vis patronaux ne sont pas au rendez-vous. Nous avons exploré plusieurs pistes de solutions, proposé des éléments devant permettre de répondre aux attentes de nos travailleurs et travailleuses, mais en vain.

Depuis le blitz de négociation amorcé à la mi-mars, nos équipes en santé et en éducation aux tables sectorielles et à la table centrale ont eu une trentaine de rencontres avec les négociateurs patronaux. Dans le secteur de l’éducation, il y a eu des progrès, mais pas vraiment du côté de la santé. En ce qui a trait à la table centrale où se négocient les salaires, avantages sociaux et la durée de la convention collective, l’offre du gouvernent est tout simplement inacceptable. Dans les faits, Québec est resté sur sa position de décembre dernier. On nous propose bien un contrat de 3 ans au lieu de 5 ans, mais avec une hausse salariale de 5 %, ce qui est bien en deçà de nos demandes.

Nos équipes vont profiter de la fin de semaine de Pâques pour prendre un peu de repos et revenir en forme pour la suite des discussions.

Solidarité,

Vos comités de négociation à la table centrale et aux tables sectorielles de la santé et de l’éducation

Nous avons choisi, à la FTQ, de procéder au dépôt des demandes syndicales en deux temps.

La première partie en octobre, où les sujets du régime de retraite, des congés parentaux et des disparités régionales étaient à l’ordre du jour, et la deuxième, le 11 décembre pour les demandes salariales.

Notre demande salariale a pour but de protéger les salaires contre l’inflation avec une participation à l’enrichissement et un rattrapage sur les salaires au pour un total de 12,3 % pour les trois années de la convention collective.

Pour apporter une amélioration dans le domaine de l’attraction et la rétention de personnel, nous proposons aussi au gouvernement un ajustement de la courbe salariale de l’ordre de 1,1 % pour favoriser les maximums salariaux des bas salariés et les salaires d’entrée des plus hauts.

De son côté, l’État propose 7 % d’augmentation générale pour 5 années de contrat et ouvre la porte pour bonifier les salaires de deux groupes particuliers. Les enseignants d’une part, et les préposé-e-s aux bénéficiaires d’autre part, mais seulement ceux en CHSLD, et les auxiliaires sociaux et en services de santé.

Le souhait du Trésor dans cette rubrique est de mettre sur pied des forums de discussion intersyndicaux et patronaux pour déterminer comment appliquer des augmentations différenciées sur ces groupes mentionnés dans leurs promesses électorales.

De plus, sans être clair, le dépôt patronal laisse planer des changements au régime de retraite alors qu’il affiche des surplus qui en confirment la bonne santé financière.

Il est évident que nous sommes très insatisfaits d’une offre salariale qui ne rejoint pas l’inflation et qui propose un appauvrissement général des salarié-e-s de l’État, alors que les indicateurs économiques sont à la hausse et que des surplus budgétaires sont disponibles.

Des discussions sont en cours, mais nous ne voyons pas d’un bon œil notre éventuelle participation à des forums qui auront pour but de gratifier certains emplois au détriment des autres.
Notre proposition de structure salariale fait parfaitement le travail et ne laisse personne dans le caniveau.

L’hiver sera sûrement riche en rebondissements et nous vous invitons à demeurer attentifs et attentives aux appels que nous ne manquerons pas de lancer pour nous mobiliser et faire connaitre nos exigences.

Communiqués de presse

Vidéo

Négociations dans le secteur public: La FTQ dépose ses demandes au Conseil du trésor
Publiée par Le Soleil, 21 octobre 2019.

Un mot du président de la FTQ, Daniel Boyer

« Les prochaines négociations dans le secteur public auront une importance capitale pour l’avenir des services offerts à la population. Le désengagement de l’État, les compressions budgétaires, les suppressions de postes et les multiples réformes ont gravement détérioré l’état du réseau public. Malgré la passion et le dévouement des travailleuses et travailleurs, les services publics sont au bord du gouffre. Dans la santé, les services sociaux et l’éducation, les patients, les élèves et les services à la population ont écopé. Un sérieux coup de barre doit être donné et le nouveau gouvernement a la chance et surtout les moyens de redresser la situation.

L’attraction et la rétention de la main-d’œuvre ne se feront pas par la pensée magique. Chaque jour, nos travailleurs et travailleuses sont les témoins de l’état lamentable du réseau public. Dans ces négociations, nous nous devons d’être solidaires et surtout mobilisés pour bien faire comprendre au gouvernement que c’est le temps que ça change. Ensemble, nous pouvons réussir ces négociations. »

Comment se passent les négociations ?

  • Chaque syndicat a son propre comité de négociations selon les professions représentées par chacune des organisations, c’est ce qu’on appelle les négociations sectorielles. C’est là que se négocient par exemple les conditions d’exercices d’emploi.
  • Il y a aussi les négociations à ce qu’on appelle la Table centrale où se négocient les paramètres salariaux : protection face à la hausse du coût de la vie, enrichissement réel, rattrapage salarial et structure salariale, amélioration du Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics (RREGOP) et les droits parentaux.
  • Ces comités de négociations sont chapeautés par le comité de coordination de la FTQ auquel siègent des représentants et représentantes de tous les syndicats affiliés à la FTQ impliqués dans ces négociations.

Le contrat de travail des employés et employées de l’État prend fin le 31 mars 2020. Dans le processus de négociations et selon la loi, les organisations syndicales doivent déposer leurs demandes sur l’ensemble des conditions de travail excluant la rémunération au plus tard le 31 octobre 2019.

Vers la fin novembre, l’Institut de la statistique du Québec publie les données sur la rémunération des salariés de l’État. Par la suite, les organisations syndicales ont 30 jours pour présenter leurs demandes salariales, ce qui se fait généralement entre Noël et le jour de l’an.

D’ici la fin octobre, les équipes de négociations sont en tournée de consultations de leurs membres afin d’élaborer le cahier de demandes syndicales qui sera déposé à l’automne.

 

Les enjeux de la prochaine négociation

Pour la FTQ et ses syndicats affiliés, il est clair qu’un sérieux coup de barre doit être donné. Les travailleurs et travailleuses du secteur public sont au bout du rouleau et ont assez souffert de l’austérité libérale. Il est temps pour le nouveau gouvernement de reconnaître la valeur de leur travail. Cela veut dire entre autres de meilleures conditions d’exercice d’emploi, la fin de la surcharge de travail, plus d’embauches, de meilleurs salaires et un important rattrapage salarial. Ces mesures sont indispensables pour briser le cercle vicieux du manque de personnel et assurer de pleins services à la population.

Tout sur la relativité salariale

Après avoir obtenu l’équité salariale entre les femmes et les hommes en 2006, les syndicats qui représentent le personnel du secteur public ont réalisé qu’il existait une autre forme d’iniquité salariale entre les emplois de même valeur. Pour contrer ces iniquités, il a été convenu, conjointement avec le gouvernement, de procéder maintenant à ce qu’on appelle la relativité salariale.

Ces emplois sont regroupés selon leur évaluation dans ce qu’on appelle en termes techniques les rangements. À titre d’exemple, une agente administrative classe 1 dans un hôpital et une éducatrice en service de garde dans une école se retrouvent dans le même rangement parce que leur emploi est similaire en valeur.

Or, pour 28 rangements… on retrouvait pas moins de 165 échelles salariales avec un nombre d’échelons très variable. C’était une façon de faire d’une autre époque qui devait être modifiée. La prétention des syndicats est que pour chacun des 28 rangements, il devrait y avoir une SEULE échelle de salaire.

À travail équivalent, salaire égal ! Après des années de négociation, nous avons obtenu gain de cause au bénéfice de la vaste majorité des travailleuses et travailleurs du secteur public qui voient leur salaire augmenter à partir du 2 avril 2019.

Pour plus de détails ou pour calculer l’effet de la relativité sur votre salaire : relativites.org 

Pour télécharger le dépliant d’information sur la relativité salariale (8,5 x 11 pouces, produit en avril 2019) : Dépliant | Dépliant avec traits de coupe | Dépliant avec traits de coupe et fonds perdus

Statistiques pour déboulonner les mythes et mieux comprendre les enjeux de cette négociation

  • Moyenne salariale des employés du secteur public (FTQ) : 36 155,49 $ ;
  • Moyenne salariale des employés occasionnels et temporaires (FTQ) du secteur public (autres que réguliers) : 28 490,15 $ ;
  • Retard salarial du secteur public (FTQ) : 6,2 % ;
  • Pourcentage de femmes que nous représentons (FTQ) : 73,7 % ;
  • Pourcentage de travailleurs et travailleuses qui n’ont pas de permanence ou de poste à temps complet (FTQ) : 43,2 %.