Rapport annuel de la CSST: «Combien de morts avant que les députés se décident à appliquer la loi?» —Serge Cadieux, secrétaire général de la FTQ

Montréal, le 3 avril 2015. – Encore cette année, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) est consternée et attristée par les chiffres dévoilés par la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) sur le nombre de personnes décédées et blessées au travail en 2014. En effet, dans le document Statistiques sur les décès – Janvier à décembre 2014, la CSST divulgue avoir reconnu 164 décès liés au travail. À ce triste bilan, s’ajoutent des dizaines de milliers de cas de lésions liées à une activité professionnelle. Bien qu’elles n’entraînent pas de décès, ces lésions sont venues changer la vie de milliers de travailleuses et de travailleurs.

« Jusqu’à quand allons-nous collectivement tolérer l’inacceptable ? Chaque année, c’est la même chose, s’insurge le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux, on annonce entre 150 et 250 décès, alors que les solutions pour éviter cette hécatombe sont connues et documentées. Les experts nous disent que le Québec arrive bon dernier (63e sur 63 juridictions en Amérique du Nord) pour ce qui est de sa législation en matière de prévention. Ce n’est pas en raison d’une absence de législation, mais bien en raison de sa non-application », explique-t-il.

En effet, environ un quart des travailleurs et des travailleuses avaient accès à toutes les dispositions en prévention prévues dans la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST) selon les chiffres de l’an 2000, dernière année pour laquelle ces données sont disponibles. Or, aujourd’hui, près des deux tiers des lésions professionnelles acceptées surviennent dans les groupes qui n’ont pas accès à ces dispositions.

« Ces morts s’ajoutent à celles de l’an dernier et ainsi de suite depuis 30 ans. Ça fait beaucoup de familles, d’amis et de collègues qui souffrent, au fond, pour des raisons purement politiques ! Parce que, on ne le dit pas assez souvent, c’est sur les banquettes de l’Assemblée nationale que se joue la prévention. Les dispositions en prévention existantes dans la loi sont efficaces lorsqu’elles sont appliquées, mais aucune législature québécoise depuis les années 1980 n’a jugé bon d’adopter les règlements d’application. Alors, je pose la question : combien de morts avant que les députés se décident à rendre accessibles les articles pertinents de la loi ? », s’interroge le secrétaire général de la FTQ.

Le 28 avril, ne les oublions pas

La FTQ a l’intention de souligner avec force le 28 avril 2015, Journée internationale de commémoration des personnes décédées ou blessées au travail. Une vigie et un rassemblement auront lieu devant l’Assemblée nationale. De plus, une lettre sera adressée à chacun des députés pour l’informer du nombre de décès survenus dans sa région.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.