Transport scolaire : La FTQ rencontre le ministre Proulx

Photo: Normand Blouin

Montréal, le 19 avril 2018. – Le président de la FTQ, Daniel Boyer, et la représentante du Syndicat des Teamsters dans le dossier du transport scolaire, Sylvie Duval, étaient de la délégation qui a rencontré, en début de semaine, le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Sébastien Proulx, afin de trouver une solution à la problématique de la main-d’œuvre dans ce secteur d’activité.

«Nous jugions cette rencontre urgente, car la situation est grave. Les problèmes d’attraction et de rétention sont criants et les conditions de travail ne cessent de se détériorer. Les chauffeurs et chauffeuses d’autobus scolaires transportent nos enfants, plus de 521 000, à longueur d’année à travers le Québec. Si tout le monde reconnaît que leur travail est important pour les conduire à bon port dans des conditions sécuritaires, il faut maintenant que le gouvernement s’engage à régler la situation une fois pour toutes», explique Daniel Boyer.

C’est dans ce contexte d’urgence que la nécessité de mettre rapidement sur pied une table de travail avec l’ensemble des acteurs du milieu a été au cœur des discussions avec le ministre Proulx. Celui-ci s’est d’ailleurs engagé à nous revenir rapidement.

Rappel des enjeux

Rappelons que depuis quelques années, les transporteurs éprouvent de plus en plus de difficulté à recruter et à maintenir leur personnel en place ; les difficultés et les responsabilités des conducteurs et conductrices ne cessent d’augmenter alors que les enveloppes actuelles provenant du Ministère ne permettent pas d’offrir des conditions de travail correspondantes.

L’industrie du transport scolaire au Québec est sous-financée depuis trop longtemps et n’a plus aucune marge de manœuvre pour permettre aux transporteurs scolaires de pallier les augmentations des coûts d’acquisition des nouveaux véhicules répondant aux nouvelles exigences des commissions scolaires en matière de technologies et, surtout, pour maintenir les conditions de travail des conducteurs et conductrices d’autobus scolaires à un niveau acceptable. Les annonces de grèves qui pourraient paralyser le transport des élèves sont une conséquence de ce sous-financement qui se traduit par des offres salariales qui ne permettent pas de suivre la croissance du coût de la vie. Voilà pourquoi bien des conducteurs et conductrices arrivent difficilement à joindre les deux bouts depuis quelques années.

Des enveloppes budgétaires bonifiées, dédiées et fermées

Les syndicats demandent également que les enveloppes budgétaires dédiées soient fermées afin que la totalité des sommes allouées soit affectée au transport scolaire. «Quand on connaît la situation financière catastrophique dans laquelle se trouvent nos écoles, pas étonnant que la moindre économie soit affectée à colmater d’autres brèches», s’insurge le président de la FTQ.

Les acteurs du milieu de l’industrie du transport scolaire demandent donc non seulement de faire en sorte que l’enveloppe destinée au transport scolaire soit à 100 % dédiée au transport scolaire, mais aussi que le Ministère dégage des budgets destinés exclusivement à améliorer les conditions de travail des conducteurs et conductrices d’autobus scolaires.

La Fédération des transporteurs par autobus (FTA), rassemblant la majorité des employeurs dans le transport scolaire au Québec, et la Confédération des syndicats nationaux (CSN) faisaient partie de cette délégation.

Les six syndicats affiliés de la FTQ présents dans ce secteur sont : les Métallos, le Syndicat québécois des employées et employés de service, section locale 298 (SQEES-298), les Teamsters, les Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC), Unifor, ainsi que l’Union des employés et employées de service, section locale 800 (UES 800).

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.