La FTQ en commission parlementaire sur l’industrie du taxi

Daniel Boyer, président de la FTQ

Photo: Clément Allard

«Avec son projet de loi no 17, le gouvernement condamne les chauffeurs de taxi à la pauvreté et à la précarité.» – Daniel Boyer, président de la FTQ

Québec, le 8 mai 2019. – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), le Syndicat des Métallos, le Regroupement des propriétaires de taxi de Montréal (RPTM), l’Association haïtienne des travailleurs du taxi (AHTT) et le Regroupement des travailleurs autonomes Métallos (RTAM), dans un mémoire conjoint, mettent en garde le gouvernement contre les dangers de son projet de dérèglementation de l’industrie du taxi. Moderniser l’industrie, la rendre plus innovante, intégrer de nouveaux joueurs et assurer la sécurité des passagers : ce sont des objectifs que nous appuyons. Tout cela peut se faire sans que l’on détruise l’industrie du taxi comme malheureusement s’apprête à faire le gouvernement.

Par ailleurs, l’abolition de la gestion de l’offre, c’est-à-dire le système de permis de taxi, fera en sorte de hausser le nombre d’individus offrant le service de transport de personnes. «Il y aura plus de chauffeurs et de chauffeuses offrant le même service et moins de revenus pour ces derniers. Bilan des courses : tout le monde sera pauvre. Je ne crois pas que c’est ce que veut le gouvernement, soit d’appauvrir sa population. Cela va à l’encontre du souhait du premier ministre de créer davantage d’emplois bien rémunérés», déclare le président de la FTQ, Daniel Boyer.

«Si jamais Québec s’obstine à abolir les permis de taxi, il aura l’obligation de compenser de façon pleine et entière les permis selon leur valeur avant l’arrivée d’Uber, qui a fait chuter les prix des permis. Pour certains chauffeurs de taxi, il s’agit de leur seul patrimoine. Après tout, c’est le gouvernement qui est responsable de la perte de valeur des permis», ajoute le président de la FTQ.

D’autres incohérences sont à noter dans le projet de loi no 17. Par exemple, en abolissant l’inspection mécanique obligatoire, le gouvernement n’améliore pas la sécurité des passagers et des passagères. Quant à la tarification dynamique, elle est loin d’être transparente. En quoi protège-t-on les consommateurs en ne prévoyant aucun maximum aux prix pouvant être fixés par la tarification dynamique ?

La FTQ demande également au gouvernement d’assurer la liberté d’association des chauffeurs et des chauffeuses de taxi en établissant une association professionnelle à cotisation obligatoire regroupant tous les chauffeurs et les chauffeuses de taxi et limousine du Québec. Considérant son importante représentativité, le RTAM-Métallos devrait être désigné comme étant cette association professionnelle.

«Le gouvernement doit se mettre en mode écoute et faire preuve d’équité et de respect à l’endroit des travailleurs et des travailleurs de l’industrie du taxi qui, après tout, contrairement à Uber, ont toujours payé leur dû à la société québécoise», conclut le président de la FTQ Daniel Boyer.

Consulter le mémoire.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.