La FTQ commente le Plan directeur en transition, innovation et efficacité énergétiques du Québec

Serge Cadieux, secrétaire général de la FTQ

Photo: Vincent Constantineau

Une bonne partition, mais il manque un chef d’orchestre et des musiciens

Montréal, le 12 juin 2018. – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) salue l’exercice mené par l’organisme Transition énergétique Québec (TEQ), qui vient de faire connaître son premier Plan directeur en transition, innovation et efficacité énergétiques pour les années 2018 à 2023. Cependant, la FTQ estime que ce plan manque d’ambition, particulièrement en ce qui a trait à la réduction de la dépendance du Québec aux produits pétroliers qui a été fixée à 5% sur 5 ans. La FTQ doute de la capacité du gouvernement d’atteindre la réduction anticipée de 12%, ce qui l’inquiète encore plus, car pour atteindre les cibles de réduction de gaz à effet de serre pour 2030, les mesures devront être encore plus drastiques à partir de 2023.

«La FTQ ne voit pas dans ce plan d’incitatifs ni d’encadrements sérieux pour arriver à affranchir l’économie québécoise de sa dépendance aux produits pétroliers. On ne voit pas non plus le projet de société qui va permettre de réaliser les objectifs fixés par ce plan, notamment en matière de transport collectif et d’électrification des transports, qui pourraient constituer un grand chantier de développement durable et porteur pour l’économie du Québec. Il manque une vision d’ensemble, intégratrice et rassembleuse. Pour nous, il est évident que les travailleurs et travailleuses, ainsi que les communautés doivent être au cœur de la transition. Or, ils sont absents de ce plan», souligne le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux.

La FTQ rappelle que l’urgence d’agir et la nécessité de donner un sérieux élan à la transition énergétique ont fait consensus lors du Sommet pour une transition énergétique juste, qui a rassemblé 300 personnes issues des milieux syndicaux, environnementaux, d’affaires, de la finance, agricole, universitaires, scientifiques et des Premières Nations, les 23 et 24 mai dernier à Montréal.

«La société civile et le monde syndical ont clairement signifié qu’ils étaient prêts à jouer un rôle dans cette transition, mais encore faut-il leur donner une partition et que l’État assume son rôle de chef d’orchestre. Il y a un projet de société à définir et nos organisations s’attendent à être invitées à y participer. La FTQ exhorte le gouvernement à revoir sa gouvernance dans son plan de lutte contre les changements climatiques. Il faut maintenant espérer que ce plan de travail, bien que modeste, puisse être bonifié avec un véritable plan de match pour réaliser une transition énergétique juste, en dialogue avec la société civile, et qu’il puisse survivre au prochain gouvernement», conclut le secrétaire général.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.