Métier: chauffeuse d’autobus

Photo: Casadel

Après avoir exercé plusieurs métiers différents, Élaine Descombes a finalement décidé de suivre les traces de sa mère et de devenir chauffeuse d’autobus pour la STM. Le Monde ouvrier est allé la rencontrer au centre de transport Mont-Royal, magnifique immeuble patrimonial à l’angle de la rue Fullum et de l’avenue Mont-Royal Est. Inauguré le 1er mars 1926, l’ancêtre de l’actuelle Société de transport de Montréal (STM) avait été construit à une époque où la demande en transport collectif explosait afin d’abriter des tramways.

Le plaisir de travailler avec le public

Visiblement passionnée par son travail, Élaine raconte qu’elle est pratiquement née avec un volant dans les mains. C’est d’ailleurs cette passion de conduire, mais aussi le plaisir de travailler avec le public qui l’ont amenée à embrasser ce métier il y a 11 ans.

«J’ai toujours eu une facilité avec les gens et c’est gratifiant pour moi de pouvoir servir le public. Le contact humain est hyper important dans ce métier où on croise aussi souvent des gens seuls pour qui ça fait une différence de pouvoir parler à quelqu’un.»


«Parmi les aspects plus difficiles du métier, il y a bien sûr le fait de devoir jongler avec mère nature tout en assurant la sécurité des passagers et aussi le fait de ne pas avoir de pauses repas spécifiques. La variation des horaires de travail n’est pas toujours évidente non plus, surtout pour les nouveaux embauchés. Ce n’est pas toujours facile pour la conciliation travail-famille.»

«Le métier a beaucoup changé au cours des dernières années. Les véhicules eux-mêmes ont énormément évolué. Les communications aussi : avec le système iBUS, nous avons aujourd’hui les horaires sur un écran et la clientèle peut suivre virtuellement les déplacements des autobus.»

— Élaine Descombes, chauffeuse d’autobus à la STM


Ils sont environ 270 chauffeurs et chauffeuses à travailler au centre Mont-Royal qui dessert une dizaine de lignes d’autobus dans le secteur. Élaine arpentait d’ailleurs déjà les lieux enfant, car c’est aussi au centre Mont-Royal que sa mère travaillait.

«C’est le plus petit garage de la STM et c’est peut-être ce qui explique en partie l’ambiance extrêmement familiale et conviviale. On connaît les enfants de nos collègues, on organise différentes activités sociales en dehors du travail. Il y a aussi beaucoup d’entraide et de soutien entre les chauffeurs.»

Des liens qui se tissent au fil des jours

Les horaires de travail sont très variables. Élaine a un horaire fixe de jour du lundi au vendredi qui change trois ou quatre fois par année, mais plusieurs de ses collègues travaillent de soir, de nuit, de fin de semaine. D’autres ont des horaires qui changent tous les jours.

Son quart de travail commence au garage ou sur la route lorsqu’elle prend possession de son véhicule. Avant de quitter le garage, elle inspecte l’intérieur et l’extérieur de l’autobus pour vérifier que tout est en ordre.

«Mon trajet préféré, c’est la 11 qui parcourt le mont Royal. En plus de voir des super paysages, j’y croise beaucoup de touristes et je joue même les guides touristiques à l’occasion!»

«Il y a une réelle proximité qui se crée avec le public parce qu’on se croise pratiquement tous les jours. Je les accompagne au travail, à la garderie, à l’école et dans leurs déplacements. On poursuit des conversations au fil des jours et on finit par connaître les habitudes des gens. Ça crée des liens, c’est sûr!»

Merci à Lisa Djevahirdjian et à Daniel Leroux d’avoir rendu cette entrevue possible.

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Article paru dans Le Monde ouvrier, no 124, janvier-février 2018.