Élections fédérales - La FTQ dévoile ses priorités

Le président et le secrétaire général de la FTQ, Daniel Boyer et Serge Cadieux

Photo: Eric Demers

Éditorial paru dans Le Monde ouvrier, no 131, mai-juin, p. 3


Les élections fédérales à venir nous inquiètent et devraient inquiéter tous ceux et celles qui, au Québec, sont préoccupés par des services publics de qualité, une économie axée sur un développement durable pour la planète et une société juste et respectueuse des personnes.

C’est pourquoi la FTQ vient d’adopter, en Conseil général, une nouvelle plateforme électorale pour rappeler aux partis politiques quelques-unes des priorités qui pourraient améliorer la vie des travailleurs et des travailleuses du Québec. Au cours des prochains mois, nous allons demander aux partis fédéraux de s’engager sur chacune de ces propositions.

Notre première proposition est d’améliorer le régime d’assurance médicaments en le rendant universel, c’est-à-dire accessible et gratuit pour tous et toutes. Le Canada est le seul pays de l’OCDE doté d’un système public de santé qui n’inclut pas les médicaments. Il est grand temps d’adopter la pièce manquante à notre système.

Nous allons également demander une importante réforme du programme d’assurance-emploi afin de protéger les chômeurs et les chômeuses qui sont de moins en moins nombreux à pouvoir se prévaloir de leurs droits.

Nous allons rappeler aux partis fédéraux l’importance de soutenir les travailleurs et les travailleuses et leurs communautés dans le cadre de la transition énergétique. Mais aussi dans le cadre du virage vers les technologies numériques qui touche tous les secteurs de notre économie. Ce soutien, qui doit inclure du soutien financier pour les transitions professionnelles, pour de la formation et d’autres mesures, est ce que nous appelons une « transition juste ».

Notre quatrième proposition est d’améliorer les lois fédérales du travail pour qu’elles n’accumulent pas trop de retard par rapport aux lois québécoises (ce qui crée un régime à deux vitesses pour les travailleurs et travailleuses du Québec) : retrait préventif de la travailleuse enceinte, dispositions anti-briseurs de grève, interdiction des clauses de disparité de traitement. S’ajoute le besoin de mieux protéger les régimes de retraite dans les cas de faillites.

Il est temps que le Canada cesse d’abriter dans ses lois fiscales des ententes qui favorisent la fuite de milliards de dollars vers des paradis fiscaux utilisés par les plus riches et par de nombreuses compagnies canadiennes pour ne pas contribuer leur part au financement de nos services publics.

Dans le même esprit d’équité fiscale, nous demandons une modernisation urgente des lois pour protéger nos industries culturelles et médiatiques contre la concurrence déloyale des multinationales de l’Internet (Google, Facebook, etc.).

Enfin, nous allons réclamer que le gouvernement fédéral fasse du développement stratégique du secteur de l’aérospatiale une priorité de développement économique. Alors que le gouvernement fédéral a injecté des milliards dans l’industrie automobile de l’Ontario, nous pensons qu’il est temps que le Québec obtienne un soutien correspondant pour ce secteur dans lequel il se distingue sur le plan mondial.

Il ne faut rien tenir pour acquis le 21 octobre prochain et s’assurer d’aller voter en grand nombre. On aura à travailler ensemble pour s’assurer que le Québec envoie une majorité de députés progressistes au parlement canadien à Ottawa.

Solidairement,
Le président, Daniel Boyer
Le secrétaire général, Serge Cadieux