En action dans un monde en changement

32e Congrès de la FTQ

Illustration: Upperkut

Le monde serait à l’aube de grandes transformations technologiques, nous dit-on. Intelligence artificielle, robotisation, mégadonnées, imprimantes 3D, objets connectés et plateformes numériques, voilà autant de nouvelles technologies qui pourraient révolutionner l’économie et la société. Plusieurs prédisent le remplacement de la moitié des emplois par les machines ou la disparition du salariat tel qu’on le connaît aujourd’hui.

Bien qu’il soit impossible de prédire l’avenir, les récents développements nous laissent penser que cette nouvelle vague de changements technologiques pourrait transformer le monde de l’emploi et du travail. Des entreprises ont automatisé leur mode de production, ce qui a provoqué des pertes d’emplois, mais aussi une diminution des tâches pénibles. La numérisation des milieux de travail rend parfois les tâches plus intéressantes, mais peut aussi entraîner des difficultés pour les travailleurs et les travailleuses d’expérience. Les plateformes, comme Uber et Airbnb, ont bouleversé plusieurs secteurs d’activité économique avec des modèles d’affaires basés sur le travail autonome. L’intelligence artificielle pourrait révolutionner les façons de travailler, mais son développement repose sur l’exploitation d’une main-d’œuvre atomisée, située aux quatre coins du monde qui effectue des microtâches pour de très faibles rémunérations. Le télétravail répond à un besoin criant en matière de conciliation travail-vie personnelle, mais peut comporter plusieurs inconvénients.

Les changements technologiques ne sont pas fondamentalement bons ou mauvais, mais sans une implication soutenue du mouvement syndical pour les influencer de manière à ce qu’ils bénéficient au plus grand nombre, l’avenir semble incertain. Les lois du travail se révèleront désuètes face aux nouveaux modèles d’affaires des plateformes. Le filet social apparaîtra rapidement inadapté face à des transformations économiques d’une telle ampleur. L’augmentation incontrôlée des inégalités sociales et la polarisation du marché de l’emploi feront des milliers de victimes et contribueront à l’avènement d’un capitalisme sauvage. Les nouvelles technologies serviront de prétexte aux employeurs pour revoir de fond en comble l’organisation du travail ou les conditions de travail. Un dialogue social déficient ne permettra pas aux syndicats de faire valoir les besoins et les préoccupations des travailleurs et des travailleuses.

Dans un monde en changement, la FTQ estime qu’il est plus que jamais nécessaire de se mettre en action. Voilà pourquoi ces enjeux occuperont une place déterminante lors de son 32e Congrès qui se tiendra à Québec du 25 au 28 novembre 2019. La centrale invite donc l’ensemble de ses affiliés à y participer en grand nombre afin de renouveler notre action, de mieux protéger nos membres et de nous assurer que cette vague de changements technologiques constitue un véritable progrès pour l’être humain.