Quatre revendications climatiques du mouvement syndical à la COP26

Rencontre coordo - ITUC TUNGO. Crédits: Sami Dellah

Réunis sous le grand parapluie de la Confédération des syndicats internationaux (CSI) à la COP26, à Glasgow, en Écosse, les syndicats présents mettent de l’avant quatre revendications pour une justice climatique à la hauteur de la crise que nous vivons. Les représentants et représentantes des syndicats présents profiteront de toutes les occasions pour faire valoir ces revendications et assurer leur présence dans les négociations de la Conférence des Nations unies.

  1. Des politiques climatiques inclusives qui mettent à l’avant-plan les droits de la personne de tous les travailleurs et de toutes les travailleuses ainsi que ceux de leurs communautés. Pour le mouvement syndical, la transition verte doit garantir le respect des droits de tous les travailleurs et de toutes les travailleuses sans exception. Le sujet fondamental des droits de la personne est au cœur des revendications pour une transition juste et doivent être intégrés dans tous les aspects des négociations de la COP26. Cette transition doit être créatrice d’emplois décents et prévoir un accès à la formation et des garanties de protection sociale pour les travailleurs et travailleuses qui subissent les effets de la transition.
  2. Une transition juste ambitieuse et créatrice d’emplois verts. Un plan clair et inclusif pour une transition des secteurs industriels polluants vers des secteurs générant des emplois verts est nécessaire pour parvenir à des émissions nulles en carbone. Ce plan et sa mise en œuvre doivent se faire dans un dialogue social qui implique les communautés impliquées et le mouvement syndical, qui porte la voix des travailleurs et des travailleuses qui vivront les impacts de ce virage.
    Les pays doivent profiter de la COP26 pour rehausser leur niveau d’ambition et prévoir de nouvelles contributions déterminées au niveau national (CDN). En d’autres mots, les CDN sont les plans de lutte au réchauffement climatique élaborés par les pays dans le cadre de l’Accord de Paris. Au moment de la rédaction de ce texte, la synthèse des CND déposées par les pays à la COP26 ne nous permet pas d’atteindre les objectifs, pire, elle se solderait par un réchauffement de 2,7 degrés.
  3. Pour une finance climatique équitable. Lors des négociations pour le climat de Copenhague en 2009, les pays développés se sont engagés à fournir « un financement accru, nouveau et additionnel, prévisible et adéquat » pour atteindre « l’objectif consistant à mobiliser ensemble 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 pour répondre aux besoins des pays en développement ». En décembre 2020, le groupe d’experts indépendants consacré au financement climatique a conclu que l’objectif des 100 milliards de dollars ne serait pas atteint en 2020. Il est nécessaire de prévoir une finance climatique qui permet la décarbonation de tous les pays, particulièrement ceux du Sud. La transition juste doit prévoir un Fonds mondial qui inclut des systèmes de protection sociale pour les pays les plus pauvres. Les pays riches doivent déployer des efforts supplémentaires et apporter davantage de soutien à l’adaptation climatique. Les gouvernements, quant à eux, doivent s’entendre sur un instrument de financement global et efficace pour compenser et atténuer les pertes et les préjudices des pays qui souffriront le plus de ce virage. Enfin, le financement climatique doit prévoir des critères et des règles transparentes.
  4. Des politiques industrielles fortes visant des économies à zéro émission. Les secteurs de l’acier, de l’aluminium, du ciment, des produits chimiques, de l’aviation, des transports maritime et routier sont à l’origine de près d’un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). Ils jouent un rôle crucial si l’on veut atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. Or, les politiques industrielles et d’investissement ne peuvent se limiter à l’objectif d’avoir zéro émission. Pour ne pas recréer les mêmes inégalités qui contribueront à aggraver la crise sociale, climatique et environnementale, il faut que les politiques industrielles soient accompagnées de plans transparents, qui seront élaboré avec le mouvement syndical, qui incluent tous les éléments de la transition juste notamment la création d’emplois décents et de la formation pour les travailleurs et les travailleuses.

Pour plus d’information : https://www.ituc-csi.org/IMG/pdf/cop_26_fr-4.pdf.