Lettre de désespoir

Publié le 3 juillet 2010
La Presse

Cette lettre a été écrite en février dernier par Juan Gabriel Pichilla Ramirez, jeune ouvrier employé par un maraîcher de Joliette. M. Pichilla Ramirez affirme qu’il avait dû travailler plus de 24 heures consécutives. II était épuisé:

« Jai passé seulement un mois ici et, en vérité, j’ai eu très peur de ne pas pouvoir sortir de cet endroit. Jamais je n’aurais pensé que ça aurait pu se passer comme ça. Je ne peux pas manger, je ne peux pas dormir, je me sens mal, j’ai peur de ne pas pouvoir reprendre le travail et ça me fait paniquer…

« J’ai besoin de forces mais ici, au Canada, je suis dans un endroit rempli de froid et je subis trop de pressions pour le travail. Ce fut une grave erreur de venir. La nécessité m’a fait rêver de ramener quelque chose à ma famille. Aujourd’hui, ta seule chose que je ramène, c’est la peur. Pardon, papa, j’ai pensé que je pourrais affronter ces épreuves mais je n’ai pas pu. Pardon, maman, de, te laisser malade et préoccupée. Pardon, mes enfants, je vous envoie de l’amour comme jamais, pardon Yesi (son épouse), je t’aime. »