Histoire

L’histoire de la FTQ, c’est celle de son affirmation progressive comme la plus grande centrale syndicale du Québec. Nous représentons aujourd’hui plus d’un demi-million de membres dans tous les secteurs de la société et toutes les régions du Québec. C’est aussi l’histoire de notre affirmation comme centrale sociale-démocrate et résolument québécoise.

La FTQ représente 44 % des syndiqués québécois. Elle regroupe près de 60 % des syndiqués du secteur privé, qui forment la majorité de ses membres. Elle est aussi bien implantée dans les services publics où elle représente entre autres la majorité absolue des syndiqués de l’administration municipale et du secteur péripublic (Hydro-Québec), ainsi que les fonctionnaires fédéraux et le personnel des Postes. Plus du tiers de nos membres sont des femmes.

Une histoire plus que centenaire
La centrale est née en février 1957 de la fusion de deux fédérations syndicales, mais ses origines remontent à la fin du XIXe siècle, ce qui en fait la plus ancienne organisation syndicale au Québec.

C’est le 16 février 1957 que s’est déroulé, à Québec, le congrès de fondation de la nouvelle centrale issue de la fusion de la Fédération provinciale du travail du Québec (FPTQ) et de la Fédération des unions industrielles du Québec (FUIQ). Cette fusion s’inscrivait dans le sillage de la réunification du mouvement syndical nord-américain au sein de l’AFL-CIO (American Federation of Labour and Congress of International Organizations) aux États-Unis et du CTC (Congrès du travail du Canada).

Le premier président de la FTQ, Roger Provost, occupa ce poste jusqu’à son décès en 1964. Il fut remplacé par Louis Laberge qui dirigea la centrale durant 27 ans, jusqu’en 1991, aux côtés du secrétaire général qui lui succéda comme président jusqu’en 1993, Fernand Daoust. Par la suite, le tandem a été composé du président Clément Godbout et du secrétaire général Henri Massé. En novembre 1998, le congrès a élu Henri Massé à la présidence et René Roy comme secrétaire général, Clément Godbout ayant annoncé son départ.

Des origines lointaines
Par ses origines, la FTQ est la plus ancienne organisation syndicale au Québec. Son histoire plus que centenaire remonte au XIXe siècle lors de la fondation, en 1886, du Conseil des métiers et du travail de Montréal, aujourd’hui le Conseil régional de la FTQ du Montréal métropolitain. En cette même année 1886 est aussi fondé le Congrès des métiers et du travail du Canada (CMTC), aujourd’hui le Congrès du travail du Canada (CTC). Trois ans plus tard, en 1889, on met sur pied le Comité exécutif provincial du Québec du CMTC, l’ancêtre direct de la FTQ. Ce comité a pour mandat de représenter les syndiqués auprès du gouvernement du Québec. Il deviendra en 1937 la Fédération provinciale du travail du Québec (FPTQ).

Histoire de la FTQ et du mouvement syndical au Québec
L’histoire des syndicats mérite d’être mieux connue, d’autant plus qu’ils ont été – et demeurent – au cœur de la lutte plus que séculaire des travailleurs et des travailleuses pour conquérir, grâce à l’action collective et à la solidarité, de meilleures conditions de travail et de vie et, surtout, plus de dignité et de respect. Ils regroupent aujourd’hui au Québec plus de 1,1 million de personnes, soit environ 40% de la main-d’œuvre salariée, un des plus hauts taux de syndicalisation en Amérique du Nord.

Le premier syndicat : en 1818
Dans l’état actuel des recherches, le premier syndicat connu chez nous, la Société amicale des charpentiers et menuisiers de Montréal, a été fondé en 1818, apprend-on dans l’Histoire du syndicalisme québécois écrite par l’historien Jacques Rouillard, le meilleur livre de référence sur le sujet.

Le premier syndicat nord-américain («union internationale») à s’implanter au Québec, en 1860, fut l’Union internationale des mouleurs de fonte, qui recueillit l’adhésion d’un groupe de travailleurs des fonderies de Montréal. Suivirent les syndicats des cigariers (1865), des cordonniers et des typographes (1867), etc. Le plus ancien syndicat toujours actif au Québec a été fondé en 1870 : il s’agissait de l’Union typographique Jacques-Cartier, section locale 145 de l’Union internationale des typographes, aujourd’hui affiliée au Syndicat des communications, de l’énergie et du papier (SCEP-FTQ).

Les raisons fort compréhensibles de la création et de l’essor de ces syndicats nord-américains de métiers, au Québec et au Canada, ont été bien expliquées par les historiens du mouvement ouvrier, notamment Jacques Rouillard.

En 1872, à la suite de la grève des typographes de Toronto, la «Loi des unions ouvrières», votée par le Parlement fédéral, retirait du Code criminel l’interdit qui frappait jusqu’alors les syndicats.

Premiers regroupements de syndicats
Dix ans plus tard, une centrale syndicale d’origine américaine, les Chevaliers du travail, fait son entrée à Montréal (1882-1902). C’est à l’initiative de ces Knights of Labor, ainsi que des syndicats nord-américains de métiers, qu’est fondé en 1886 le premier regroupement syndical d’importance au Québec, le Conseil des métiers et du travail de Montréal, aujourd’hui le Conseil régional de la FTQ du Montréal métropolitain.

La même année naît la première centrale syndicale canadienne durable, le Congrès des métiers et du travail du Canada (CMTC), aujourd’hui le Congrès du travail du Canada (CTC). Cette centrale est fondée presque en même temps que l’American Federation of Labor aux États-Unis. Trois ans plus tard, en 1889, on met sur pied le Comité exécutif provincial du Québec du CMTC. Ce comité a notamment pour mandat de représenter les syndiqués auprès du gouvernement du Québec. Il deviendra en 1937 – année de la célèbre grève des midinettes à Montréal – la Fédération provinciale du travail du Québec (FPTQ).

Celle-ci fusionnera en 1957 avec la Fédération des unions industrielles du Québec (FUIQ), créée en 1952, pour fonder la Fédération des travailleurs du Québec, aujourd’hui la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ).

Le Parti ouvrier
Fait à signaler : il y a cent ans cette année, en 1899, ce sont des militants des «unions internationales» qui mirent sur pied au Québec le premier Parti ouvrier, carrément à gauche pour l’époque. Ce parti travailliste a fait élire son premier député au Parlement fédéral, Alphonse Verville, alors président du CMTC, dans la circonscription de Maisonneuve à Montréal.

Un autre leader du Parti ouvrier et des «unions internationales», le typographe d’origine belge Gustave Francq, fonda en 1916 un journal qui est aujourd’hui le doyen des médias syndicaux au Canada, Le Monde ouvrier, organe officiel de la FTQ. Francq, un social-démocrate convaincu, fut la figure dominante du syndicalisme au Québec durant la première moitié du 20e siècle, selon l’historien Jacques Rouillard. Par ses écrits, ce fut un également un visionnaire, précurseur entre autres du Fonds de solidarité des travailleurs du Québec (FTQ).

D’hier à aujourd’hui
Malgré quelques travaux remarquables, l’histoire plus complète des «unions internationales» et des premiers regroupements syndicaux chez nous reste à faire.* De telles recherches aideraient sans doute à mieux comprendre comment la FTQ est devenue la plus importante centrale syndicale au Québec, où elle représente aujourd’hui 44% des syndiqués. En comparaison, les syndicats indépendants en représentent 22%, la CSN 21%, la CSQ 8% et la CSD près de 5%.

De plus amples recherches nous aideraient aussi à mieux comprendre où s’en va le mouvement syndical en cette fin de siècle. Comme le dit un vieil adage, si l’on veut savoir où l’on veut aller, il faut savoir d’où l’on vient.

L’histoire de la FTQ est disponible, en deux volumes, au Centre de documentation de la centrale, tout comme d’autres ouvrages sur l’histoire du mouvement syndical au Québec.

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