Règlement sur les grutiers : la raison l’emporte

Manifestation des grutiers en 2018

Manifestion des grutiers au centre-ville de Montréal en mai 2018. Photo: Philippe Lapointe.

Montréal, le 28 mars 2019. – La FTQ, la FTQ-Construction et la section locale 791G, représentant les grutiers, ont pris connaissance du rapport du comité d’experts indépendants, mandaté d’étudier les changements règlementaires concernant la formation des grutiers. Le comité s’est rangé du côté de la santé et sécurité, acceptant les arguments de la FTQ-Construction et de la section locale 791G. Le comité recommande que les inscriptions à la formation en entreprise soient suspendues en attendant que le règlement soit revu et intègre les recommandations du comité.

«Nous saluons le travail du comité qui s’est rangé du côté des travailleurs et des travailleuses. À la FTQ-Construction, nous croyons qu’il faut un DEP pour obtenir un métier, cela assure que les travailleurs et les travailleuses qui exercent leur métier ont les compétences pour le faire», explique le directeur général de la FTQ-Construction, Éric Boisjoly.

«Le système québécois de formation en construction assure que les chantiers du Québec sont extrêmement performants. Notre rôle est aussi de nous assurer qu’ils sont sécuritaires. La FTQ accueille favorablement la recommandation du comité de suspendre le règlement qui modifiait la formation des grutiers. Nous demandons au ministre d’aller rapidement dans ce sens puisqu’il s’agirait d’une décision qui va sauver des vies», affirme le président de la FTQ, Daniel Boyer.

Le comité a reconnu que le métier de grutier est complexe et que la formation doit inclure des sections théoriques et pratiques. « Nos arguments ont été entendus. Cela fait des années qu’on répète que c’est une question de santé et sécurité. Que le comité aille dans notre sens prouve que le règlement était idéologique et se faisait au détriment des travailleurs et travailleuses », conclut le directeur du local 791G, Evans Dupuis.

Une question de santé et sécurité

L’industrie de la construction est le milieu de travail le plus mortel au Québec. Chaque année, une cinquantaine de travailleurs et travailleuses de la construction décèdent à la suite d’accidents. En 1989, employeurs et syndicats de grutiers, ministère de l’Éducation, CSST et CCQ sont arrivés à la conclusion que la solution passait par la formation professionnelle pour réduire les accidents impliquant une grue ou un camion-flèche. Un DEP totalisant 870 heures de formation théorique et pratique fut institué, sous l’égide du ministère de l’Éducation. Cette formation est complète et comprend des enseignements en milieu sécurisé et encadré.

L’impact positif du DEP

Les résultats en matière de santé et sécurité du DEP obligatoire sont indéniables. Depuis la mise en place de la formation professionnelle, le nombre de décès impliquant une grue a chuté, passant d’une moyenne annuelle de 4,5 décès à 1,5, soit une réduction de l’ordre de 66%. Rappelons aussi une baisse significative du nombre de lésions causées aux autres travailleurs et travailleuses lors des opérations d’appareils de levage.

L’opération d’un appareil de levage comporte une grande et incontestable responsabilité de protection à l’égard des autres travailleurs et travailleuses du chantier, de l’équipement sur place et de la population en général. L’environnement d’un grutier n’est pas seulement sa cabine, mais bien la circonférence pouvant être atteinte par la grue.

«À la suite de notre rencontre avec le ministre, nous confirmons que nous sommes favorables à participer à des travaux dans le but de trouver des solutions visant la reconnaissance du métier de grutier», mentionnent les représentants syndicaux.

À propos

La FTQ-Construction représente plus de 75 000 travailleurs et travailleuses de la construction. Avec une représentation de plus de 43%, elle est la plus importante organisation syndicale de l’industrie de la construction au Québec.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.