Dissidence québécoise contre la bonification des régimes publics de retraite au Canada - Inacceptable! Leitão doit des explications

Serge Cadieux

Photo: Clément Allard

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) demande au ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão, d’expliquer rapidement pour quelles raisons le gouvernement du Québec n’a pas entériné l’entente historique intervenue hier entre les ministres des Finances provinciaux et fédéral au sujet de la bonification du Régime de pensions du Canada (RPC).

«La dissidence du Québec est très très gênante. Est-ce qu’on doit comprendre que le gouvernement proaustérité de M. Couillard refuse les bonifications minimales et nécessaires qui font consensus dans le reste du Canada? Le gouvernement fédéral a la majorité des deux tiers des provinces pour procéder sans le Québec. Le Manitoba a beau ne pas avoir ratifié l’entente, la bonification du RPC lui sera imposée puisque ses habitants y ont droit. Cela laisse donc les Québécois et les Québécoises face à la possibilité d’un régime de retraite public moins avantageux que les autres Canadiens. C’est totalement inacceptable! Il faut revenir à la raison! Nous exigeons des explications claires, pas la langue de bois que le ministre Leitão a inscrit dans l’entente pour justifier sa dissidence», a critiqué le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux.

La FTQ mène une campagne importante en faveur de l’amélioration des régimes publics de retraite depuis 2009. Elle a proposé une bonification qui va dans le sens du consensus établi entre les ministres des Finances des autres provinces et le gouvernement fédéral, c’est-à-dire une amélioration universelle s’appliquant à tous les cotisants. La proposition de la FTQ aurait permis de doubler la rente obtenue, niveler vers le haut le plafond des revenus admissibles, améliorer l’exemption de base. «Même si ce n’est pas exactement ce que nous demandions, nous estimons que le consensus atteint est positif pour la majorité des travailleurs et des travailleuses, parce qu’il respecte l’universalité et qu’il améliorera à terme la rente reçue par la majorité», a expliqué Serge Cadieux.

Face aux demandes provenant du milieu patronal, qui consistaient à éviter une bonification des régimes publics ou, à tout le moins, d’éviter une bonification universelle, la FTQ avait insisté auprès des gouvernements pour qu’ils respectent la vocation universelle des régimes publics. «Selon nous, la décision de préserver l’universalité est de nature à confirmer la solidité du régime public de retraite pour les années à venir», a fait remarquer Serge Cadieux.

Rappelons que le RPC et le RRQ sont d’excellents régimes qui coûtent beaucoup moins cher à administrer que les fonds de placement ou les régimes privés. De plus, la pression énorme que subissent les régimes complémentaires de retraite (régimes d’employeurs) se trouvera allégée par cette amélioration des régimes publics. Ce sera donc un gain pour des milliers d’employeurs.

Rappelons également que le Canada fait actuellement piètre figure au chapitre de la préparation de la retraite en comparaison avec les autres pays de l’OCDE. Le taux de cotisation cumulé des travailleurs et des employeurs canadiens au régime public de pensions est, de très loin, plus bas que n’importe quel autre pays riche comparable (même les États-Unis); il existait donc une importante marge de manœuvre pour l’amélioration du RPC et du RRQ.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.