Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’ils te fassent

Retraite des députés

Lettre d’opinion du secrétaire général de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Serge Cadieux, publiée dans Le Huffington Post le 15 novembre dernier.

L’Assemblée nationale vient d’adopter à l’unanimité une motion sur la retraite des députés qui en dit plus long sur le tristement célèbre projet de loi no 3 sur les caisses de retraite municipales que sur la retraite des députés. Qu’il doit être profond le malaise que cause ce projet de loi no 3 pour que l’ensemble des députés se vote une baisse de conditions salariales! Et cela au moment même où un rapport indépendant soutient qu’une augmentation de leur salaire est nécessaire.

Cette motion présentée conjointement par la Coalition Avenir Québec et par le gouvernement demande aux députés, à l’instar de ce qu’ils veulent imposer aux employés municipaux, de faire passer leur contribution à leur régime de retraite de 21% à 50%. En prétextant prêcher par l’exemple, MM. François Legault et Philippe Couillard prétendent demander à leurs collègues députés d’accepter le même sacrifice que ceux-ci exigent des employés municipaux. Malheureusement, c’est entièrement faux puisque, non seulement la motion n’est pas contraignante, mais en plus elle ne porte que sur un seul des nombreux reculs demandés aux employés municipaux.

D’ailleurs, ce qui n’est pas mentionné dans la motion est plus important que ce qui y est inscrit. En effet, en ne mentionnant pas les déficits passés de la caisse de retraite des députés, alors que le remboursement des déficits est au cœur du projet de loi no 3, cette motion met en lumière toute l’injustice de ce coup de force contre les employés municipaux. MM. Legault et Couillard savent très bien que les députés n’accepteraient jamais de s’infliger cet absurde et injuste traitement! S’ils le faisaient, ils s’imposeraient à eux-mêmes de rembourser 50% du déficit de 200 millions de dollars alors qu’ils ne sont que 523 participants. Il n’est pas inutile de rappeler ce vieux dicton que tous les enfants entendent : ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’ils te fassent.

Souhaitons que cette motion ne soit pas totalement inutile et qu’elle permette de ramener un peu de bon sens dans le projet de loi no 3. Nous demandons simplement de la modération. Il est possible de reprendre en main la situation dans les municipalités sans imposer des restructurations mur-à-mur et surtout sans revenir sur des promesses consenties pour le service passé. Il faudrait viser uniquement les régimes en difficulté (capitalisés à moins de 85%). Fixer un calendrier à respecter. Puis, laisser les parties négocier des solutions adaptées pour garantir la pérennité des régimes.