L’incontournable séminaire FTQ sur la retraite fait salle comble!

Photo: Éric Bolté

C’est sur le thème Réforme du système de retraite québécois, bilan et perspective que s’est tenu le séminaire sur la retraite cette année. Encore une fois, la participation était très élevée. Quelque 250 militantes et militants représentant tous les syndicats affiliés de la FTQ étaient présents. Après plus de 15 séminaires sur la retraite, l’engouement ne s’essouffle pas.

D’entrée de jeu, le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux, s’est adressé à la salle pour dresser la table à propos des différents enjeux qui entourent la retraite en 2016. Il a dénoncé l’attitude cavalière de certains employeurs qui souhaitent, malgré l’entrée en vigueur du projet de loi no 57 devenu la loi 29 depuis le 1er janvier 2016, terminer leur régime à prestations déterminées pour faire place à des régimes moins généreux. Il a aussi rappelé la position de la FTQ en ce qui concerne la bonification des régimes publics et la détermination à talonner le gouvernement Trudeau sur cet enjeu.

Marie-Josée Naud, conseillère au service de l’éducation à la FTQ, a ensuite pris la parole pour présenter le programme du séminaire. Elle a profité de l’occasion pour dire quelques mots sur l’exposition 10 000 logements, 10 000 foyers de changement qui était présentée cette année en marge du séminaire. Cette exposition s’inscrit dans le cadre des activités soulignant les 10 000 logements communautaires réalisés par l’entreprise d’économie sociale Bâtir son quartier. Le Fonds immobilier du Fonds de solidarité FTQ a investi près de 60 millions de dollars dans ce type de projet. Cette exposition est une façon de se rappeler que le capital des travailleuses et travailleurs, que ce soit par l’entremise du Fonds de solidarité, de la Caisse Desjardins des travailleuses et travailleurs unis ou par nos régimes de retraite, peut servir les intérêts d’une société meilleure.

Report de l’âge effectif de la retraite et risque

Yves Carrière, professeur agrégé du département de démographie à l’Université de Montréal, a été le premier invité à prendre la parole. Sa présentation portait sur le report de l’âge effectif de la retraite et le risque d’une croissance des inégalités sociales parmi les retraités de demain. Il a permis de déboulonner quelques mythes sur la question de l’âge de la retraite.

Le vaste chantier de la retraite, le secteur public écope!

Les trois panélistes qui ont suivi étaient : Marc Ranger, directeur québécois au SCFP-Québec, Denis Bolduc, secrétaire général au SCFP-Québec, et Lucie Thériault, vice-présidente au service aux membres au SQEES-298. Ils ont fait l’état des lieux du vaste chantier sur la retraite dans le secteur public. Marc Ranger a profité de l’occasion pour dénoncer le pacte fiscal, ce nouvel outil dont pourraient prochainement bénéficier les municipalités. Pour Marc Ranger, donner le pouvoir à une partie de décider du résultat d’une négociation en lui permettant de fixer les conditions de travail constitue un abus et une atteinte à des droits fondamentaux. Denis Bolduc, faisant référence au secteur universitaire, a rappelé que le mur à mur n’était pas une solution dans le secteur. Le législateur doit absolument faire preuve de plus de souplesse dans ce dossier. De son côté, Lucie Thériault a souligné les efforts du comité de négociations du Front commun qui a contré la volonté du gouvernement de faire passer l’âge de la retraite à 62 ans.

La loi 29 et son impact

La loi 29 et son impact aux tables de négociations du secteur privé ont ensuite été abordés par Marc-Antoine Vaillant et Simon Campagnoli, actuaires pour Les Services actuariels SAI. Ils ont, notamment, donné des renseignements sur les prochaines étapes à court terme que nous devrions respectivement envisager pour nos régimes.

La bonification des régimes publics, une idée qui fait son chemin!

La première journée s’est terminée alors que Ruth Rose, professeure associée au Département de sciences économiques de l’Université du Québec à Montréal, et François L’Italien, coordonnateur de l’Observatoire de la retraite – IRÉC, ont parlé de la bonification des régimes publics. Par ailleurs, François L’Italien a présenté la mission de l’Observatoire. Celui-ci regroupe des partenaires, dont la FTQ, qui souhaitent inscrire les débats sur la retraite dans une perspective plus large, celle des politiques sociales et économiques qui sont structurantes pour le Québec.

RRFS-FTQ, un régime novateur en pleine expansion

La deuxième journée a pris place alors que Julien Désormeaux, coordonnateur du RRFS-FTQ, a dévoilé les statistiques les plus récentes sur ce régime novateur en pleine expansion. En effet, le RRFS-FTQ comptait près de 10 000 participantes et participants au 31 janvier 2016 et son rendement brut annuel pour 2015 a été de 7,8%.

Chantier presque achevé, sommes-nous dans la voie pour un système plus robuste assurant un meilleur filet social pour les personnes aînées?

C’est la question à laquelle a répondu le panel d’experts composé de Denis Latulipe, professeur titulaire et directeur de l’École d’actuariat de l’Université Laval, Serge Cadieux, secrétaire général de la FTQ, et Claude Lockhead, associé exécutif et Chef de l’équipe retraite de la région de l’Est du Canada chez Aon Hewitt. Le panel était animé par Pierre Maisonneuve, journaliste bien connu du public. Deux constats sont ressortis de ce panel : dorénavant, les employeurs doivent prendre leur responsabilité en offrant des régimes complémentaires de retraite à leurs salariés et la bonification des régimes publics de retraite est plus que jamais possible et nécessaire.

L’attrait des catégories d’actif non traditionnelles

Pour terminer, Christian Rousseau, directeur-conseil principal, politique de placement de la Caisse de dépôt et placement du Québec, a fait un exposé sur l’attrait des catégories d’actif non traditionnelles dans l’environnement économique actuel. Avec les récents changements à la loi RCR en ce qui a trait à la politique de financement, il est certain que cette présentation a été fort utile pour tous ceux et celles qui sont membres d’un comité de retraite.

Ce séminaire a donc été l’occasion de discuter et de réfléchir sur nos actions militantes pour les années à venir. Merci à toutes les personnes invitées, aux participants et participantes, ainsi qu’à toutes les personnes qui ont fait de ce séminaire une réussite. À l’année prochaine!