Le Québec a connu une immigration record en 2010

La province a accueilli 54 000 arrivants, 21 % de plus qu'en 2006

Publié le 15 février 2011
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Par Alec Castonguay

Le Québec a accueilli un nombre record d’immigrants en 2010, atteignant presque la limite qu’il s’est lui-même fixée. Et la croissance est rapide, puisque la province a reçu l’année dernière 21 % plus de nouveaux arrivants qu’il y a cinq ans à peine, soit une des plus fortes croissances parmi les grandes provinces du Canada.
En 2010, le gouvernement du Québec souhaitait recevoir entre 50 000 et 55 000 immigrants. Selon les chiffres du gouvernement fédéral transmis au Devoir hier, le compteur s’est arrêté à 53 981, tout près du plafond. Un chiffre qui inclut toutes les catégories d’immigrants, mais qui exclut les réfugiés.

Jamais le Québec moderne n’a reçu autant d’immigrants en une seule année. À titre de comparaison, en 2006, le Québec avait reçu 44 684 nouveaux arrivants. En 2007, c’était 45 200. En 2008, 45 219. Puis en 2009, 49 491.

Entre l’année 2006 et celle de 2010, le Québec a donc reçu 21 % plus d’immigrants. Il s’agit d’une croissance rapide. À titre de comparaison, l’Ontario a reçu 6 % moins d’immigrants en 2010 qu’en 2006. La province voisine a même atteint des creux entre 2007 et 2009. En 2010, l’Ontario a reçu 118 116 immigrants.

En Colombie-Britannique, la croissance entre 2006 et 2010 est de 4,9 %. La province de l’Ouest a reçu 44 176 immigrants l’an dernier. La plus forte croissance a été enregistrée à l’Île-du-Prince-Édouard (+ 357 %), qui a reçu 2581 immigrants en 2010, comparativement à 565 en 2006. Les provinces à forte croissance économique, comme la Saskatchewan (+ 179 %) et l’Alberta (+ 57 %), se démarquent. (Plus de détails concernant les autres provinces sur notre site Internet).

Montréal a reçu 86 % des immigrants
Dans le cas du Québec, on constate que Montréal continue d’agir tel un aimant sur les nouveaux arrivants, alors que 46 460 immigrants ont choisi de s’établir dans la métropole, soit 86,1 % du total. La ville de Québec a accueilli 2629 immigrants, soit 4,9 % du lot. Gatineau (1536), Sherbrooke (1148) et Trois-Rivières (314) suivent dans l’ordre.

Étant donné qu’il s’agit de données préliminaires, le ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration du gouvernement fédéral n’est pas en mesure d’analyser le profil linguistique et économique des immigrants. Québec et Ottawa ont une entente qui permet à la province de sélectionner une partie de ses immigrants et de fixer les critères de recrutement.

Capacité d’intégration
Ce nombre record d’immigrants pourrait ranimer le débat sur l’intégration des nouveaux arrivants. Dans son rapport déposé en mai dernier, le vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, affirmait que le gouvernement «n’utilise pas d’indicateurs socioéconomiques pour bien cerner la capacité réelle du Québec» à intégrer ses immigrants. «Sans évaluation, le ministère ne peut s’assurer que la province est capable de supporter les hausses progressives des volumes d’immigration», écrivait-il.
Le taux de chômage élevé chez les immigrants, le manque d’arrimage entre leur formation et le marché du travail ou encore le fait qu’ils occupent souvent des postes pour lesquels ils sont surqualifiés sont autant de signes que le vérificateur a mis au jour et qui devraient inciter Québec à bien analyser ses capacités d’intégration, a-t-il dit.

De plus, en avril dernier, le gouvernement Charest a supprimé 30 classes de francisation des immigrants afin d’économiser cinq millions de dollars par année. Emploi-Québec a également aboli des classes de français en raison de réductions budgétaires. Ces compressions visaient 35 classes à temps partiel dans la région de Montréal, une économie de 600 000 $.