Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie

COVID-19 : une source supplémentaire de discrimination envers les personnes issues de la diversité

Depuis plusieurs semaines, la population mondiale est frappée de plein fouet par une pandémie. Les spécialistes mondiaux s’entendent pour dire qu’elle ne fait pas de discrimination puisqu’elle frappe tout le monde, de façons diverses il est vrai, mais tout le monde quand même.

Malheureusement, cette période trouble engendre également des discriminations ouvertes envers les personnes issues de la diversité sexuelle, notamment les hommes ayant des relations sexuelles et affectives avec d’autres hommes (HARSAH). Nombreux sont les exemples, d’ici et beaucoup d’ailleurs dans le monde, de gestes et de paroles qui visent spécifiquement les personnes issues de la diversité sexuelle et les HARSAH.

En effet, des amalgames, souvent fallacieux, entre l’apparition de la pandémie de COVID-19 et la « déviance sexuelle » se multiplient à grande vitesse, notamment sur Internet et les médias sociaux. Voici quelques exemples de ces raccourcies faits par les homophobes et les transphobes pour justifier la haine qu’ils portent aux personnes issues de la diversité sexuelle et de genre.

Ainsi, un pasteur chrétien d’extrême droite aux États-Unis en a profité pour appeler au repentir des péchés commis par les homosexuels puisque « l’obéissance à Dieu protège le pays des maladies, comme celle à coronavirus »[1]. Son confrère, enseignant dans un collège catholique, toujours aux États-Unis, considère les différentes pandémies de l’histoire de l’homme comme étant des punitions divines, punitions pour lesquelles nous devons une fois de plus demander pardon[2]. Ajoutons cet évangéliste du Tennessee qui laisse entendre que la COVID-19 est la réponse divine à la légalisation du mariage pour tous[3]. Finalement, s’il nous faut un exemple supplémentaire, pensons à ce rabbin israélien ultra-orthodoxe qui prétend « qu’un défilé de la fierté est contre nature et que quand quelqu’un va à l’encontre de la nature, celui qui a créé la nature se venge sur cette personne »[4].

Cette discrimination n’est pas qu’associée aux religions et à leurs dérives. Certains gouvernements en profitent pour frapper une fois de plus des personnes déjà victimes de discrimination. C’est le cas de l’Ouganda qui a profité de la crise actuelle pour prendre d’assaut un foyer pour jeunes issues de la diversité, foyer qui dépend de la fondation Children of the sun, à la suite de dénonciations des voisins, « pour violation des mesures de confinement en vigueur »[5]. Plutôt que d’accuser les personnes pour homosexualité, les accusations portaient justement sur la violation des mesures de confinement, ce qui permet au gouvernement de les emprisonner sur-le-champ. Les 23 personnes appréhendées attendent actuellement en prison la tenue de leur procès, dans des établissements pénitentiaires qui, compte tenu des conditions sanitaires actuelles, ressemblent à des bombes à retardement.

Enfin, la science aussi participe une fois de plus à cette discrimination en refusant d’utiliser le plasma des HARSAH guéris de la COVID-19. Dans le cadre d’un programme de recherche pour soigner les personnes gravement atteintes, un centre hospitalier de la ville de New York, demandait récemment aux personnes guéries de la COVID-19 de donner du sang afin d’en « extraire le plasma riche en anticorps pour le transfuser aux personnes dont la vie est menacée par la maladie »[6]. Cependant, les HARSAH sous traitement préventif contre le VIH, la PrEP (Prophylaxie préexposition), qui permet de prévenir l’infection par le VIH par la prise d’un comprimé journalier, se sont vu refuser de donner de leur sang. Rappelons qu’il ne s’agit pas ici de personnes qui auraient pu transmettre le VIH puisqu’ils n’en sont pas atteints, mais bien d’hommes qui se protègent de sa transmission par le biais d’un traitement préventif reconnu.

Comme quoi la discrimination contre les personnes issues des diverses communautés ne prend pas de repos, même en cette période trouble. Comme quoi le 17 mai, Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie[7], est toujours aussi essentielle même en cette période de pandémie.

Enfin, il est possible que la situation actuelle vous touche plus particulièrement, que vous la trouviez difficile et qu’elle affecte votre bien-être. Si tel est le cas, sachez que vous n’êtes pas seul.e et que Interligne, centre de première ligne en matière d’aide et de renseignement à l’intention des personnes concernées par la diversité sexuelle et la pluralité des genres est là pour vous. Les services d’aide et de renseignement sont accessibles par téléphone au 514 866-0103 pour la région de Montréal ou sans frais au 1 888 505-1010, par message texte au 1 888 5050-1010 ou encore par clavardage en accédant au site Internet http://interligne.co/.

 

Le comité sur la diversité sexuelle, corporelle et de genre

[1] https://www.advocate.com/religion/2020/3/06/coronavirus-punishment-lgbt-sin-says-far-right-pastor
[2] https://www.catholic.com/magazine/online-edition/is-covid-19-a-punishment-from-god
[3] https://www.pinknews.co.uk/2020/03/19/evangelical-perry-stone-coronavirus-god-punishment-same-sex-marriage-china-italy/
[4] https://www.pinknews.co.uk/2020/03/09/israel-rabbi-coronavirus-pride-parade-gay-god-divine-punishment-covid19-meir-mazuz/
[5] https://www.fugues.com/256164-article-la-covid-sert-dexcuse-pour-cibler-les-personnes-lgbtq-ougandaises.html
[6] https://www.nbcnews.com/feature/nbc-out/doctors-can-t-use-covid-19-antibodies-gay-men-or-n1174341
[7] https://www.fondationemergence.org/la-journee