2023.03.02

2023.03.02

Consultations prébudgétaires 2023-2024 – Baisses d’impôt : Le gouvernement fait fausse route

Montréal, le 2 mars 2023. – Les présidents et présidentes des quatre centrales syndicales, Magali Picard (FTQ), Caroline Senneville (CSN), Éric Gingras (CSQ) et Luc Vachon (CSD), rencontrent ce matin, à 10 h 30, le ministre des Finances, Éric Girard, dans le cadre des consultations prébudgétaires.

Si 2022 devait être l’année au cours de laquelle les Québécoises et les Québécois pouvaient s’attendre à renouer avec une certaine normalité, c’est surtout le retour de l’inflation qui aura marqué au final leur esprit. Cette conjoncture économique teinte inévitablement les orientations budgétaires et fiscales du gouvernement qui voit clairement un gain politique à faire en mettant de l’avant des baisses d’impôts. « Il est clair pour nous que le gouvernement fait fausse route en privant le trésor public de ressources essentielles pour soulager la pression dans les services publics, diminuer les tensions qui résultent de la pénurie de main-d’œuvre et relever les nombreux défis du Québec, notamment en matière de lutte aux changements climatiques. Se priver de 2 milliards de dollars dans le contexte où les services publics craquent de partout et où ils atteignent plusieurs points de rupture, c’est incompréhensible et irresponsable!, », soutiennent d’emblée les leaders syndicaux.

Dans un mémoire conjoint, les centrales présentent, au total, vingt et une recommandations déployées autour de quatre grands axes, soit les finances publiques du Québec et de la fiscalité, l’état des services publics et sur les difficultés qui sont vécues par les femmes et les hommes qui y œuvrent, les nombreux enjeux de développement économique et les défis actuels du marché du travail et des attentes des travailleurs et des travailleuses pour une formation qualifiante et accessible.

Le gouvernement justifie sa proposition de baisse d’impôt des particuliers par le fait qu’elle n’impliquerait pas de compression budgétaire puisque financées par une partie des revenus dédiés qui financent actuellement le Fonds des générations. Or, pour les centrales syndicales, un des moyens les plus sûrs de garantir l’équité intergénérationnelle est d’investir dans le Québec de demain par un financement adéquat en santé et en services sociaux, en éducation et en enseignement supérieur, dans les services de garde éducatifs à la petite enfance, dans les infrastructures publiques, etc.

« L’an passé, nous avions demandé la tenue des consultations larges sur la gestion de la dette publique et sur le retour à l’équilibre. Malheureusement, nous n’avons pas été entendus. Nous réitérons notre demande pour discuter des finances publiques avec transparence afin d’identifier de nouvelles priorités collectives. Les finances publiques sont saines. La dette du Québec est sous contrôle. Il est temps de penser à demain et de dégager la marge de manœuvre financière nécessaire pour des investissements porteurs pour l’avenir du Québec. »

Les centrales syndicales soutiennent la décarbonation du Québec d’ici 2050, mais précisent que l’atteinte de cet objectif n’autorise pas le gouvernement à agir dans le désordre. Le Québec a besoin d’une stratégie de transition énergétique cohérente, claire et réfléchie. « Nous demandons au gouvernement de tenir une vaste consultation publique sur l’avenir énergétique du Québec et portant notamment sur les orientations que le gouvernement entend mettre de l’avant. Il devra mobiliser tous les groupes de la société civile pour assurer le succès de cette transition énergétique. Ici comme ailleurs, le dialogue social sera donc essentiel », insistent Magali Picard, Caroline Senneville, Éric Gingras et Luc Vachon.

Les quatre centrales syndicales rappellent aussi au gouvernement l’importance de poursuivre ses efforts pour assurer une autonomie accrue de certains secteurs stratégiques et pour maintenir et accroitre la diversité du tissu économique québécois.

Finalement, elles s’accordent aussi à l’effet que les pénuries de main-d’œuvre maintiendront les pressions sur le marché du travail et que dans ce contexte, le gouvernement doit poursuivre ses efforts pour protéger l’employabilité et la mobilité de la main-d’œuvre en lui offrant les formations adéquates.

« La Loi favorisant le développement et la reconnaissance des compétences de la main-d’oeuvre, communément appelée loi du 1 %, constitue une mesure structurante dont le succès et l’importance ne font aucun doute à nos yeux. Nous exigeons qu’elle soit maintenue, malgré les pressions patronales qui s’exercent aujourd’hui. »

Consulter le mémoire de la FTQ, la CSN, la CSQ et la CSD déposé auprès du ministre des Finances.

Les leaders syndicaux sont également disponibles pour commenter le mémoire et la rencontre avec le ministre.

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