Les services de santé et sécurité du travail : Des outils essentiels pour les membres!

Jacques Lessard et Denise Cameron. Photo: TUAC-500

Voici l’histoire d’un accidenté du travail, monsieur Jacques Lessard, membre de la section locale 500 du syndicat des Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC).

Celui-ci occupe un poste de salarié régulier à titre de commis-vendeur au RONA L’entrepôt de Sherbrooke. Son ancienneté remonte au mois d’août 1993.

19 mars 2013
M. Lessard termine son quart de travail et se dirige à son véhicule. Il a neigé et certains endroits dans le stationnement de RONA et le pavé sont glacés. Il fait une chute. C’est en posant le pied au sol qu’il se retrouve sur le dos. Il tente alors de se protéger avec ses bras en appuyant plus fort du côté droit. Ceci provoque un contrecoup au niveau de son épaule droite et il ressent une douleur immédiate. Il n’est plus capable de lever son bras.

M. Lessard retourne donc chez son employeur pour déclarer l’événement et recevoir les premiers soins. Il voit son médecin traitant qui diagnostique alors une tendinite à l’épaule droite.

Septembre 2013
Il passe une résonance magnétique qui confirme une importante rupture de la coiffe des rotateurs ainsi que la dégénérescence à son épaule droite. Le travailleur fait une réclamation à la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST).

Juin 2013 à février 2014
M. Lessard est mis en arrêt de travail par son médecin traitant et reçoit des traitements de physiothérapie.

Il retourne au travail en assignation temporaire à compter de juin 2013 avec des limitations au niveau de son épaule droite. Finalement, la lésion sera consolidée le 5 février 2014 avec une atteinte permanente et des limitations fonctionnelles.

Mars 2014
L’employeur fait expertiser M. Lessard. Les conclusions sont différentes de celles des médecins traitants. M. Lessard est donc vu par un membre du bureau d’évaluation médicale (BEM) qui tranchera sur les conclusions médicales à retenir.

L’employeur conteste les conclusions du BEM qui déclare que le travailleur conserve une atteinte permanente et des limitations fonctionnelles.

Octobre 2014
La CSST évalue le poste de travail de M. Lessard et conclut que malgré les limitations fonctionnelles qu’il conserve de sa lésion, il est capable d’occuper l’ensemble de ses tâches de commis-vendeur. Il s’en suit une saga judiciaire

16 juin 2014
RONA conteste la décision rendue par la CSST qui déclare que M. Lessard s’est infligé une déchirure partielle de la longue portion du biceps droit en relation avec l’événement du 19 mars 2013.

8 octobre 2014
M. Lessard conteste la décision de la CSST qui confirme l’avis du BEM, car celui-ci diffère de l’avis de son médecin traitant.

8 janvier 2015
M. Lessard conteste la décision de la CSST qui déclare que le travailleur est capable d’exercer son emploi à compter du 31 octobre 2014. Il est important de dire que M. Lessard est en assignation temporaire sans interruption depuis juin 2013.

Après plusieurs mois de conciliation, les parties se sont entendues et en sont venues à des accords qui ont satisfait les deux parties.


Témoignage de Jacques Lessard, commis-vendeur, RONA L’entrepôt de Sherbrooke

Je travaille chez RONA L’entrepôt à Sherbrooke depuis l’ouverture en 1998 au département de l’électricité. Au tout début, j’étais gérant du département, mais le syndicat m’a approché pour syndiquer l’établissement et, depuis ce temps, je suis impliqué au niveau syndical.

Je suis quelqu’un de social, qui aime s’occuper des gens qui l’entourent. J’avais bonne réputation, ça n’a donc pas été compliqué de convaincre mes collègues de se syndiquer, ils me font confiance depuis ce temps.

Ici, l’emploi est très exigeant et être syndiqué est essentiel pour mettre les barèmes aux employeurs afin de faire respecter nos droits. Dans le cas qui me concerne, le service de santé et sécurité du travail des TUAC-500 a été un service indispensable. Ayant vécu cette expérience, malgré les cours suivis sur le sujet, ce n’est pas suffisant pour réussir à mener à terme les procédures. On a besoin d’aide et heureusement notre syndicat est là pour nous aider!

Tout seul, je n’aurai pas été capable, malgré le bagage que j’ai et les connaissances dans ce domaine, j’aurais été complètement perdu. On se fait bombarder de procédures, de documents à remplir, c’est incroyable! Une chance que Denise Cameron, coordonnatrice du service de santé et sécurité des TUAC-500, était là, car ça n’aurait pas été vivable.

Ça permet aussi de se concentrer sur notre guérison. Mes deux médecins n’en reviennent pas que je sois rétabli à la suite de ma chute! J’ai écouté les conseils de Mme Cameron, j’ai fait environ 140 séances de physiothérapie. J’ai fait ce qu’il fallait faire, j’ai respecté mes conditions pour en venir à mon rétablissement. J’avais comme objectif de revenir au travail le plus rapidement, dans les meilleures conditions possibles et de démontrer ma bonne foi à l’employeur.

Je suis certain que plusieurs membres ne sont pas au courant de ce service ou peut-être qu’ils n’osent pas aller chercher de l’aide. Le service est là, avec des gens hautement qualifiés en santé et sécurité et dotés d’une grande expérience. Nous nous sentons extrêmement soutenus par notre syndicat. Depuis, quand il y a des accidents de travail dans l’établissement, je vais voir la personne pour savoir où elle en est et je lui rappelle que notre syndicat a une aide inestimable pour nous et que nous nous devons de l’utiliser!

Article paru dans Le Monde ouvrier, no 116, page 9