Entraide syndicale
Écouter, soutenir, prévenir : voilà les trois piliers du réseau des déléguées sociales et délégués sociaux (DS) de la FTQ. Avec plus de 3000 membres à travers le Québec, ce réseau d’entraide unique accompagne celles et ceux qui traversent des moments difficiles. Santé mentale, endettement, toxicomanie ou épuisement professionnel : les personnes DS offrent une aide entre collègues, libre, volontaire et confidentielle. Dans cette chronique, Le Monde ouvrier plonge dans le quotidien et les campagnes de ces artisans de la solidarité.
Délégué social : solidarité sur mesure
C’est une dizaine d’années après l’arrivée de John Alejandro Gonzalez au Saguenay que son parcours l’a amené à s’impliquer comme délégué social (DS) chez Rio Tinto.

Les débuts de l’engagement
En 2011, il rencontre le réseau des DS pour la première fois. Sa conjointe tombe gravement malade, et cet événement a impact considérable sur lui. Un délégué social vient le voir et lui parle des ressources disponibles. Cette rencontre lui ouvre les yeux sur l’importance de ce réseau. « Je ne m’étais pas impliqué tout de suite, mais quelques années plus tard, après avoir moi-même été diagnostiqué d’une maladie rare et incurable, j’ai décidé de m’engager. » Cette implication a changé John Alejandro, tant sur le plan personnel que professionnel. « Avant, j’étais très tranchant, mais aujourd’hui, je suis plus ouvert à comprendre pourquoi une personne agit comme elle le fait. On ne sait jamais ce que quelqu’un traverse, et il est important de le prendre en compte afin d’être solidaire. »
Tu n’es pas un travailleur social, encore moins un infirmier. Ton rôle, c’est d’écouter, de montrer la bonne direction.
– John Alejandro Gonzalez , délégué social
Un rôle de soutien essentiel
Son rôle, il le résume simplement : être là. « Tu n’es pas un travailleur social, encore moins un infirmier. Ton rôle, c’est d’écouter, de montrer la bonne direction. » Mais il y a une nuance essentielle ; chaque personne déléguée adapte son approche à sa réalité. « Ce n’est pas pareil d’être DS dans un petit village du Nord-du-Québec ou en plein centre-ville de Montréal. Les besoins ne sont pas les mêmes ni les solutions. » Ce sont les particularités de chaque communauté et de chaque environnement de travail qui dictent la manière dont une déléguée sociale ou un délégué social exerce son rôle, que ce soit en matière de santé mentale, de conflits au travail ou de soutien personnel. « Au Saguenay, comme ailleurs, tu t’adaptes, tu fais avec ce que tu as, en gardant à l’esprit que ton boulot, c’est de tendre la main, pas de résoudre tous les problèmes toi-même. » Cette flexibilité est au cœur de l’efficacité du réseau des DS.
Un réseau en expansion
Pour ceux qui hésitent à s’impliquer dans le réseau des DS, il a un message simple : « Tu peux vraiment faire la différence dans la vie de quelqu’un. Même si c’est juste une personne, ça vaut le coup. » Il encourage ses collègues et les employeurs à soutenir le réseau, soulignant que les DS aident à réduire l’absentéisme en s’attaquant aux problèmes de santé mentale et personnels.