Taux de présence syndicale : Le Québec nº 1 au Canada et en Amérique du Nord

Le taux de présence syndicale a augmenté au Québec en 2000 et 2001. Le Québec se classe au premier rang au Canada et en Amérique du Nord.

«Cette performance remarquable témoigne de la vitalité de notre mouvement syndical, contrairement à ce qu’affirment certains analystes qui parlent du déclin des syndicats chez nous, dit le président de la FTQ, Henri Massé. Bien sûr, le syndicalisme ne se pratique plus aujourd’hui exactement comme dans les années soixante ou soixante-dix, signe qu’il évolue avec son temps et qu’il sait s’adapter au monde qui change. Mais sa force et son rapport de force sont toujours bel et bien là.»

Selon le dernier relevé annuel de Statistique Canada, le taux de présence syndicale au Québec est en hausse, à 40,4 %, comparé à 39,9 % en 2000 et 39,5 % en 1999. Cette montée de près d’un point de pourcentage en deux ans s’est traduite par l’arrivée de près de 100 000 nouveaux syndiqués, pour un total de 1 216 000. En comparaison, le taux au Canada n’est que de 32,2 % et aux États-Unis d’environ 15 %.

Les nouveaux syndiqués oeuvrent dans des secteurs d’emploi en forte activité comme la construction, mais aussi dans d’autres secteurs où nos efforts de syndicalisation ont été fructueux. Par exemple, la FTQ a fait des gains importants auprès des camionneurs indépendants (notamment dans le port de Montréal), dans l’aérospatiale, le vêtement et le textile, les services financiers (plusieurs caisses Desjardins, Sécur), le commerce (plusieurs magasins Rona, Réno-Dépôt et Archambault), l’hôtellerie, la sylviculture, les municipalités.

Largement en tête, la FTQ représente 44 % des syndiqués québécois. Les syndicats indépendants et la CSN suivent avec un peu plus de 20 % chacun, la CSQ 11 % et la CSD près de 5 %. Toutefois, il y a une grande différence entre le secteur public, où le taux de présence syndicale est de 81,4 %, et le secteur privé, où il n’est que de 27,7 %.

Les femmes et les jeunes
C’est pourquoi nous avons réclamé si fort une réforme du Code du travail, que nous avons finalement obtenue, afin de faciliter l’accès au syndicalisme, en particulier pour les petits salariés, les femmes et les jeunes. Le meilleur moyen de lutter contre la pauvreté reste encore d’avoir un emploi syndiqué. Ainsi, les femmes syndiquées gagnent en moyenne presque 40 % de plus que les femmes non syndiquées, sans parler des avantages sociaux.

Le principal défi du mouvement syndical est de s’implanter davantage dans le secteur tertiaire privé, parmi le personnel de bureau, de commerces et de services. La FTQ et ses affiliés ont mis en oeuvre de nouvelles stratégies de recrutement, plus ciblées, qui commencent à porter ses fruits. Nous avons notamment pour objectif d’augmenter notre membership féminin, qui représente actuellement le tiers de notre effectif, soit quelque 170 000 femmes.

Il y a donc encore de l’avenir pour les syndicats… et beaucoup de pain sur la planche.