Deux militantes inspirantes du SCFP

Dans le cadre de la semaine de la relève syndicale, le service de la condition féminine de la FTQ et le comité de condition de vie et de travail des femmes du Conseil régional FTQ Montréal métropolitain (CRMMFTQ) ont tenu lundi dernier une activité qui a rendu hommage aux militantes qui sont des modèles inspirants.

Au cours de la soirée, douze capsules vidéo ont été visionnées et 22 portraits de femmes connues et moins connues, mais toujours motivantes et dévouées à la cause féminine ont été présentés. Parmi ces femmes d’exception, deux d’entre elles proviennent du SCFP.

Il s’agit de mesdames Sylvie Goyer, ancienne présidente du SCFP 1244 et de la présidente du SCFP-Québec, Lucie Levasseur.

Sylvie Goyer a mené tout un combat à l’Université de Montréal pour y faire instaurer l’équité salariale. Au début de son engagement, elle a été consternée par l’écart salarial entre les emplois occupés majoritairement par des hommes et ceux occupés majoritairement par des femmes.

Elle s’est impliquée dans l’exécutif de sa section locale et est élue présidente. Elle constate quel’équité salariale est mal comprise et l’employeur ne veut pas reconnaitre le problème.

En 1996, Sylvie participe à la Coalition québécoise en faveur de l’équité salariale, elle collabore à la rédaction et au suivi de la plainte en discrimination salariale déposée par le SCFP.

Le Québec adopte finalement la Loi sur l’équité salariale. Cependant, une faille dans la Loi qui permet à l’Université d’être exemptée, car celle-ci démontre qu’elle a déjà fait un travail de relativité salariale. Sylvie refuse d’abandonner et poursuit sa lutte.

En 2004, le jugement Julien lui donne raison et l’Université doit se soumettre à un véritable exercice d’équité salariale. En plus des rajustements salariaux, certaines travailleuses ont récupéré des milliers de dollars en indemnités. Aujourd’hui à la retraite, ce ne sont pas seulement les femmes du SCFP-1244 qui profitent de son acharnement, mais bien toutes les femmes qui occupent un emploi à prédominance féminine.

Quant à Lucie Levasseur, elle a travaillé fort pour faire sauter le plafond de verre. À la fin des années 1970, Lucie Levasseur vient à peine de terminer son secondaire qu’elle est embauchée par Télé-Université du Québec. Pendant les 10 premières années, elle avoue ne s’être aucunement préoccupée de son syndicat.

Encore toute jeune, mais avec beaucoup d’ancienneté, Lucie est aux yeux de son syndicat pleine de potentiel. Du jour au lendemain, elle se retrouve membre du comité de griefs. Au début, elle croit à une blague jusqu’à ce que le président de la section locale 2051 du SCFP lui fasse comprendre le contraire. Lucie accepte alors de relever le défi. L’intuition syndicale aura finalement raison, six mois plus tard elle est élue vice-présidente de sa section locale.

Malgré un début forcé, Lucie découvre qu’elle est faite pour être syndicaliste. Rapidement, elle siège à plusieurs comités, et au fil du temps, a occupé presque tous les postes de sa section locale. Elle est formatrice au SCFP-Québec et s’occupe notamment de la formation des déléguées et délégués sociaux. Elle a été pendant de nombreuses années présidente du Conseil provincial du secteur universitaire au SCFP-Québec.

En 2005, elle devient responsable politique du comité de condition féminine de son syndicat. Cette implication l’amène à briguer un poste de vice-présidente représentant les femmes de la FTQ, poste qu’elle occupe en 2007. Un an plus tard, elle devient la troisième femme en 50 ans d’histoire à devenir présidente du SCFP-Québec.

Depuis 2011, elle siège au Bureau de la FTQ comme vice-présidente.

Lucie parvient à briser le plafond de verre qui brime l’accès des femmes aux hautes instances, et pour elle, la place des femmes dans les structures syndicales devient prioritaire. Elle cherche à faire changer le modèle syndical pour l’adapter davantage à la réalité des femmes. Lucie ne voit pas de raison pour que les femmes ne soient pas largement présentes à toutes les instances du SCFP. Pour elle, plus les femmes seront nombreuses à occuper des postes électifs, plus égalitaire apparaît l’avenir entre les hommes et les femmes. Lucie rêve du jour où l’image d’une femme occupant un poste de direction sera chose courante. Les femmes syndicalistes doivent s’impliquer, mais pour cela, elles doivent avoir la place pour le faire.

Mentionnons aussi que les 12 capsules vidéo seront graduellement mises en ligne sur la page Femme du site internet de la FTQ, et sur la page Facebook du Comité de la condition féminine de la FTQ.

C’est donc à surveiller!

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