AVENIR DU TAXI AU QUÉBEC - LE RTAM PROPOSE AU GOUVERNEMENT D’EN FAIRE UNE ASSOCIATION PROFESSIONNELLE

Montréal, le 14 août 2015 – Soucieux de l’avenir du taxi québécois, plusieurs acteurs de cette industrie ont décidé d’unir leurs voix derrière le Regroupement des travailleurs autonomes Métallos (RTAM) et proposent ce matin dans un mémoire remis au ministre des Transports, Robert Poëti, de nombreuses mesures concrètes visant à encadrer l’industrie du taxi et à améliorer la qualité des services.
La première de ces mesures consiste à demander au gouvernement du Québec de reconnaître le RTAM en tant qu’association professionnelle des chauffeurs et propriétaires de taxis et limousines du Québec afin de compléter le travail de réforme amorcé par l’adoption de la Loi concernant les services de transport par taxi.
«Le gouvernement n’a pas fini le travail, ce qui explique en partie les récentes critiques faites à l’industrie. C’est en quelque sorte le chaînon manquant du système mis en place par le gouvernement», affirme le porte-parole du RTAM, Benoit Jugand. «Il est temps de reconnaître la profession, de la moderniser pour mieux répondre aux besoins de la population et offrir un gagne-pain digne à ceux qui l’exercent», ajoute Benoit Jugand.

CODE DE CONDUITE ET COMITÉ DE DISCIPLINE
Afin de mieux encadrer cette industrie, le RTAM demande au ministre Poëti d’établir un code de conduite pour les intermédiaires en services de transport par taxi, les chauffeurs et propriétaires de taxis et de limousines, de faire respecter ce code par un comité de discipline ayant des pouvoirs de suspension. Il suggère également l’introduction, sur l’ensemble du territoire du Québec, d’un Programme d’évaluation des véhicules s’inspirant de ce que l’on peut trouver dans l’industrie du camionnage.

MODULE D’ENREGISTREMENT DES VENTES ET APPLICATION MOBILE
Afin que l’industrie québécoise du taxi continue d’évoluer avec la société et la technologie, le RTAM annonce qu’il appuie le projet de Revenu Québec d’implanter un Module d’enregistrement des ventes (MEV) dans le secteur du taxi. Ce MEV, qui permettrait l’impression d’un reçu, serait relié à un taximètre multifonctionnel et à une application mobile unique permettant de commander un taxi sur l’ensemble du territoire du Québec et de noter le chauffeur et le véhicule sur le principe de cinq étoiles. «Ce virage est nécessaire non seulement pour une question de convivialité, mais aussi de transparence fiscale à laquelle doivent s’engager tous les fournisseurs de services de transport individuel», ajoute le porte-parole.

UN PATRIMOINE FINANCIER À PROTÉGER
Les chauffeurs et propriétaires de taxis et limousines du Québec, réunis derrière le RTAM, invitent le gouvernement à faire preuve de prudence avant de modifier le système de permis et de quotas mis en place en 2001. En effet, ils demandent que le gouvernement protège les propriétaires de taxis et limousines contre tout effet spéculatif sur les permis résultant de décisions de politiques publiques.
«Des travailleurs ont investi de bonne foi des sommes importantes pour acquérir des permis de taxi, dans un système cautionné par le gouvernement», explique Benoit Jugand. «Des dizaines de milliers de familles y ont investi leur épargne, avec une certaine assurance que cet argent assurerait un gagne-pain pour l’avenir. Elles ne doivent pas être flouées.»

TAXI RURAL ET ÉVALUATION PRATIQUE
Enfin, le RTAM ne se préoccupe pas que de Montréal ou des grandes villes. Il propose au gouvernement du Québec de revoir le principe de tarification unique afin de faciliter l’implantation au Québec, à l’instar de la France, du concept de taxi rural. Des modifications sont aussi proposées au contenu pédagogique et à l’étendue des formations professionnelles. Parmi ces modifications, l’introduction d’un examen pratique comportant des mises en situation afin de mesurer la maîtrise de la langue française et de l’anglais, le comportement et la qualité de conduite des candidats.