Parole aux jeunes
La grande famille FTQ regorge de jeunes talents qui, chaque jour, insufflent de l’énergie et des idées nouvelles au mouvement syndical. Dans cette chronique, Le Monde ouvrier donne la parole à ces jeunes membres qui façonnent l’avenir du travail. Découvrez leurs parcours, leurs préoccupations et leurs rêves à travers des témoignages sincères et remplis d’espoirs.
Entre espoir et crainte
Si l’on se fie aux taux de participation des dernières élections, les jeunes ont tendance à bouder les urnes. Désintérêt pour la politique ? Cynisme générationnel ? Derrière ce désengagement apparent, certains continuent à se battre. À l’approche des élections fédérales, les jeunes sont confrontés à des choix qui auront des répercussions considérables sur leur avenir. Le Monde ouvrier s’est entretenu avec deux d’entre eux, Samuel et Mathilde, syndicalistes engagés, pour comprendre les enjeux qui leur tiennent à cœur.

Mathilde : la jeunesse en alerte
Mathilde, 23 ans, syndiquée à l’Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC), voit les élections comme un moment crucial pour défendre les droits des minorités et des femmes. « Même depuis ma position privilégiée, j’ai peur de la droite, avec leurs politiques de plus en plus racistes et sexistes. Ça me pousse à m’impliquer ! »
Pour elle, l’arrivée d’un gouvernement conservateur serait une menace. « Ce qu’on a vu aux États-Unis montre à quel point la droite peut avoir des conséquences rapides et dangereuses. » Mathilde souligne également l’enjeu environnemental : « On parle beaucoup de transition juste, mais ça reste en surface. Tout est dilué dans des engagements à long terme, parfois douteux, alors qu’on a besoin de changements maintenant. »

Samuel : le fonctionnaire en quête de reconnaissance
Samuel, 28 ans, syndiqué à l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC), appréhende avec inquiétude le résultat électoral, ayant déjà vécu sous les conservateurs. « Leurs politiques d’austérité frappent fort. Cela affecterait le quotidien de milliers de fonctionnaires. » Samuel souligne que les fonctionnaires sont souvent des boucs émissaires pour les défaillances de l’État. « On nous perçoit de plus en plus comme responsables des échecs gouvernementaux, alors que notre travail, souvent fait dans l’ombre, est essentiel. » Des coupes dans la fonction publique entraîneront inévitablement une diminution de la qualité des services publics et de l’efficacité du système.
Un retour des conservateurs signifierait également un coup dur pour les syndicats. « On sait qu’ils chercheront à nous affaiblir, à réduire notre capacité de négociation, ce qui aura un impact direct sur nos conditions de travail », ajoute-t-il.
La droite et les hommes
Mathilde et Samuel s’entendent sur un point inquiétant : la montée de la droite, qui gagne du terrain particulièrement chez les jeunes hommes, est une réponse simpliste à des problèmes nuancés. Leur génération, en quête de stabilité, trouve dans ces discours une promesse de certitudes claires dans un monde de plus en plus incertain.
Samuel s’inquiète également de la manière dont les jeunes hommes se laissent facilement influencer par des figures comme Poilievre : « Leur utilisation du numérique est brillante. La droite a compris l’importance d’une présence agressive en ligne, alors que la gauche traîne. On n’est pas assez présents, et on laisse le champ libre aux populistes qui captent facilement l’attention. »
Le rôle de la FTQ dans les élections
Mathilde et Samuel insistent sur l’importance d’une implication de la FTQ dans la joute politique. Ces deux syndicalistes sont convaincus que la collaboration entre les membres est primordiale pour améliorer les conditions de vie. « Sans les syndicats, on n’aurait jamais obtenu les avancées sociales récentes », explique Samuel. Mathilde ajoute : « Le syndicat est un contrepouvoir indispensable. Il nous donne les outils pour défendre nos droits, surtout face à des gouvernements qui cherchent à nous attaquer et à affaiblir les filets sociaux ».
Mathilde conclut sur l’intérêt de mobiliser les jeunes : « Plusieurs hésitent à s’impliquer syndicalement, souvent par peur des représailles d’un employeur ou par manque d’information. La FTQ doit montrer aux jeunes qu’ils peuvent faire bouger les choses. Notre génération doit agir. C’est à travers cet engagement qu’on pourra influer sur notre avenir, tant dans le monde du travail que sur les inégalités sociales et l’environnement ». « Et, on se doit de sortir voter ! », complète Samuel.