Dernier relevé annuel de Statistique Canada : Le Québec toujours au premier rang en Amérique du Nord pour le taux de présence syndicale

Le taux de présence syndicale au Québec a augmenté de 0,8 point de pourcentage pour atteindre 41,2 % de la main-d’œuvre en 2003, révèle le dernier relevé annuel de Statistique Canada. «La progression est continue depuis cinq ans et le Québec se situe toujours au premier rang des provinces canadiennes et au premier rang en Amérique du Nord», remarque le secrétaire général de la FTQ, René Roy.

Le nombre de syndiqués a augmenté au Québec en 2003 à 1 303 500, soit 44 000 de plus que l’année précédente et 200 000 de plus qu’il y a cinq ans. Pour l’ensemble du Canada, le taux est de 32,4 %, en très légère hausse sur l’année précédente (32,2 %). Aux États-Unis, le taux est de moins de 15 %.

Pour la quatrième année d’affilée, le Québec se classe au premier rang des provinces canadiennes, suivi de Terre-Neuve à 39,6 %. L’Ontario affiche un taux de 28,5 %, en queue de peloton avec le Nouveau-Brunswick (27,8 %) et l’Alberta (24,2 %).

La FTQ au premier rang
Au Québec, la FTQ représente environ 43 % des syndiqués, les syndicats indépendants 23 %, la CSN 21 %, la CSQ 9 % et la CSD 4 % .

«Au cours des cinq dernières années, note René Roy, le taux de présence syndicale au Québec a progressé de presque deux points de pourcentage, de 39,5 % en 1999 à 41,2 % en 2003. On peut toutefois craindre que cette progression soit stoppée, et même que nous subissions des reculs, à la suite des lois antisyndicales votées par le gouvernement Charest, en particulier les amendements au Code du travail qui ouvrent grande la porte à la sous-traitance de cheap labor et les projets de loi pour désyndiquer carrément deux groupes dans les services de garde et la santé.»

Grande différence privé-public
On note toujours une grande différence entre le secteur public, où le taux de présence syndicale est de 81,4 % et le secteur privé, où il n’est que de 28,4 %. Pour le privé, c’est quand même une progression de un point de pourcentage en un an. «Cela explique pourquoi la FTQ s’est toujours battue et se bat encore pour améliorer la législation du travail en vue de faciliter l’accès à la syndicalisation», explique René Roy.

L’avantage d’être syndiqué
Selon Statistique Canada, le salaire horaire moyen des syndiqués (hommes et femmes) au Québec en 2003 est de 20,01 $, alors que celui des non-syndiqués est de 15,67 $, un écart de 4,34 $ l’heure en faveur des syndiqués.
L’avantage syndical est encore plus grand pour les femmes que pour les hommes. Ainsi, le salaire horaire moyen des femmes syndiquées est de 19,17 $, comparé à 13,87 $ pour les non syndiquées.

Hommes, femmes, jeunes
Chez les hommes, le salaire horaire moyen des syndiqués est de 20,73 $, comparé à 17,45 $ pour les non-syndiqués.

Par ailleurs, les femmes gagnent 92,5 % du salaire des hommes chez les syndiquées et 79,5 % chez les non syndiquées.
Selon Statistique Canada, 43,1 % des hommes ayant un emploi sont syndiqués au Québec comparé à 39,1 % des femmes, soit une différence de quatre points de pourcentage. Dans le secteur privé, les hommes sont davantage syndiqués que les femmes, alors que c’est le contraire dans le secteur public.

Par ailleurs, le taux de présence syndicale chez les jeunes de 15 à 24 ans se situe à 22,9 %, soit un peu moins que l’an dernier (23,2 %) mais beaucoup mieux qu’il y a cinq ans (18,4 % en 1998).

Taux de présence syndicale 2003
%
Canada
32,4
Québec
41,2
Terre-Neuve
39,6
Manitoba
37,3
Saskatchewan
35,7
Colombie-Britannique
33,8
Île-du-Prince-Édouard
29,8
Nouvelle-Écosse
28,6
Ontario
28,5
Nouveau-Brunswick
27,8
Alberta
24,5
Progression du taux de présence syndicale au Québec (1999-2003)
Année
%
1999
39,5
2000
39,9
2001
40,4
2002
40,4
2003
41,2
Répartition des effectifs syndicaux au Québec (2003)
%
FTQ
43
Indépendants
23
CSN
21
CSQ
9
CSD
4


Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, CD-ROM 2003