Réforme de la Charte de la langue française : « Plusieurs de nos revendications historiques enfin entendues », Denis Bolduc, secrétaire général de la FTQ

Denis Bolduc, secrétaire général de la FTQ

Denis Bolduc, secrétaire général de la FTQ / Photo: Eric Demers

Montréal, le 13 mai 2021. – Près de 45 ans après l’adoption de la mythique Loi 101, l’État québécois se devait de remettre le dossier linguistique à l’avant-plan pour assurer la pérennité de notre langue commune. La FTQ tient à saluer le dépôt du projet de loi no 96, Loi sur la langue officielle et commune du Québec, et se réjouit de la volonté gouvernementale d’assumer par des mesures concrètes le rôle exemplaire que doit jouer l’État dans la promotion du français. La création d’un ministère de la Langue française et du poste de Commissaire à langue française indépendant, nommé par l’Assemblée nationale, ainsi que le renforcement des champs d’action de l’OQLF montre tout le sérieux du gouvernement en matière de promotion et de défense de la langue nationale du Québec.

«Il est rassurant de lire que le projet de loi du ministre prévoit que les travailleurs et travailleuses auront droit à un milieu exempt de discrimination ou de harcèlement relativement à l’usage du français. La mise en place de nouveaux moyens pour assurer la prédominance du français dans les milieux de travail nous permettra de donner un souffle nouveau aux comités de francisation. Nos revendications en matière de langue du travail ont aussi été entendues et les syndicats affiliés à la FTQ seront prêts à collaborer avec les employeurs pour la mise en place des programmes de francisation dans les entreprises de 25 employés et plus. Quant au renforcement des mesures pour contrer les exigences de bilinguisme souvent farfelues de certains employeurs, il était temps que l’on agisse pour arrêter cette lourde tendance», déclare le secrétaire général de la FTQ, Denis Bolduc.

Depuis plusieurs années, la FTQ réclame aussi que les travailleuses et travailleurs de compétence fédérale soient assujettis à la Charte de la langue française. Nous sommes heureux de constater que nos revendications ont porté fruit et nous demandons au gouvernement fédéral de collaborer rapidement dans la mise en place de cette mesure.

«Nous saluons également la mise sur pied de Francisation Québec, un guichet unique voué à la francisation des personnes immigrantes. Nous demeurerons cependant vigilants quant à l’accessibilité des programmes qui y seront offerts. Pour la FTQ, le succès de la francisation est lié à une offre de cours de français pendant les heures de travail et sur les lieux de travail. Les employeurs québécois auraient tout intérêt à constater qu’une francisation réussie de leurs nouveaux employés peut aussi agir sur la productivité. L’avenir du français au Québec est aussi tributaire de la francisation de ces nouveaux Québécois et Québécoises», ajoute Denis Bolduc.

«Enfin, nous nous réjouissons de voir apparaitre de nouvelles règles pour assurer la francisation des commerces de même que l’imposition de mesures pour freiner la baisse de la fréquentation scolaire dans les cégeps francophones», conclut le secrétaire général.

La FTQ prendra le temps d’analyser en profondeur le projet de loi et participera activement aux travaux parlementaires.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.