Réaction de la FTQ au Plan pour une économie verte (PEV)

Denis Bolduc, secrétaire général de la FTQ

Denis Bolduc, secrétaire général de la FTQ (Photo: Eric Demers)

«Il faudra un plan avec plus d’ambition pour faire face à l’urgence actuelle!» – Denis Bolduc, secrétaire général de la FTQ

Montréal, le 16 novembre 2020. – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) considère qu’il faudra un plan beaucoup plus ambitieux pour faire une réelle différence dans la lutte contre les changements climatiques bien que le Plan pour une économie verte (PEV), déposé aujourd’hui, soit un premier geste concret de la part du gouvernement.

«Nous sommes à un tournant en ce qui a trait aux changements climatiques; il faut agir rapidement. L’atteinte de l’objectif de carboneutralité en 2050 se fera difficilement sans mesures contraignantes et un plan de travail structuré à court terme. Par exemple, on ne retrouve nulle part dans ce plan d’obligations pour les employeurs de mettre en place des plans de décarbonation et une planification adéquate. Tout est sur une base volontaire et les entreprises disent déjà qu’elles ont effectué le maximum d’effort», déclare le secrétaire général de la FTQ, Denis Bolduc.

Bien que le gouvernement ait fait appel à la société civile pour constituer les chantiers de travail du PEV, la FTQ déplore qu’aucune structure ne soit prévue dans ce plan pour continuer à travailler avec ces différents acteurs. «La relance verte est loin d’être un dossier exclusif au milieu des affaires. Il faut que les travailleuses et les travailleurs, ainsi que leur communauté, participent aux décisions. Autrement, le gouvernement mettra en danger des milliers d’emplois à l’approche de 2050 si on est loin des cibles souhaitées puisque ce seront alors des décisions plus radicales qui devront être prises et ce sont les travailleuses et les travailleurs qui écoperont», ajoute Denis Bolduc. C’est pour cela que la FTQ demande depuis plus d’un an la mise en place d’un groupe de travail sur la transition juste et la création de pôles régionaux de dialogue social qui sont des conditions pourtant incontournables pour réussir la transition dans les milieux de travail. La FTQ attend toujours.

Par ailleurs, la FTQ déplore l’absence de mesures impliquant directement les travailleurs et les travailleuses dans la reconnaissance de leur expertise visant la carboneutralité de leur milieu de travail. Le gouvernement mise plutôt sur des équipes d’accompagnement, excluant les organisations syndicales. Pourtant, la FTQ tend la main au gouvernement depuis près de deux ans à cet égard.

«Monsieur Legault parle de mesures pragmatiques et de compétitivité des entreprises pour excuser le manque d’ambition, il faut lui rappeler que c’est surtout l’audace et l’ambition qui permettront au Québec de se démarquer, tant ici qu’à l’international. Le Québec a tous les leviers pour devenir un joueur économique important et atteindre ses cibles de réductions de GES. N’oublions pas que la sortie de ce plan est notamment due à la mobilisation des Québécoises et des Québécois et aux nombreuses pressions des groupes de la société civile. Nous ne lâcherons pas le morceau! C’est notre responsabilité à tous et à toutes d’assurer un avenir vert pour les générations à venir. Nous nous attendons à plus, Monsieur Legault», conclut le secrétaire général, Denis Bolduc.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.