Réaction de la FTQ à la réforme du Programme de l’expérience québécoise (PEQ)

Montréal, le 29 mai 2020. – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) se réjouit du fait que, à la suite de ses protestations et celles de nombreux acteurs de la société civile, le ministre se soit ravisé et ait mis au rencart sa réforme annoncée l’automne dernier, qui enfermait les projets d’immigration de milliers d’étudiants dans une dynamique fondée sur des listes de domaines jugés prioritaires pour le marché du travail.

Bien que l’objectif que souhaite atteindre le ministre soit louable, il y a cependant beaucoup d’éléments qui nous incitent à la plus grande prudence, notamment en ce qui a trait aux étudiants étrangers et aux travailleurs étrangers temporaires. « Pour la FTQ, le PEQ doit demeurer une voie rapide et accessible à la résidence permanente et un outil d’intégration à la société québécoise. On doit s’interroger sur l’impact qu’aura, notamment sur le délai de traitement, l’allongement de la durée de l’expérience de travail, qui passe d’un à trois ans selon les cas, avant de l’appliquer. Par cette action, le gouvernement risque de décourager des candidats à la résidence permanente déjà intégrés à la société québécoise, et ainsi les inciter à quitter vers une meilleure terre d’accueil », déclare le secrétaire général de la FTQ Denis Bolduc.

Par ailleurs, nous comprenons par sa réforme que le gouvernement mise principalement sur l’immigration économique en ciblant des secteurs bien précis, mais attention. « À la FTQ, on s’inquiète d’une approche basée principalement sur une réponse rapide à des besoins immédiats de l’industrie. Or, l’immigration au Québec doit également permettre de répondre à des besoins humanitaires », ajoute le secrétaire général.

« Quant à l’objectif d’accueillir 550 préposés aux bénéficiaires, on ne peut qu’y être favorable. Cependant, comme le diable est dans les détails, il faudra attendre de voir de quelle manière cette mesure sera mise en application avant d’applaudir à deux mains », conclut Denis Bolduc.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.