Manifestation des travailleuses et travailleurs du secteur public devant le bureau du premier ministre: «On ne vit pas dans un monde de licornes»

Photo: Jacques Nadeau

Montréal, le 31 octobre 2020. – Les travailleuses et travailleurs du secteur public en santé et en éducation affiliés à la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) profitent de la fête d’Halloween pour rappeler au gouvernement qu’il est temps de conclure une nouvelle convention collective négociée. Ce n’est pas par la pensée magique et en vivant dans un monde imaginaire que les conditions salariales et d’exercice d’emploi des travailleuses et travailleurs de l’État vont s’améliorer.

«Est-il besoin de rappeler que le personnel des secteurs de la santé et de l’éducation est épuisé, au bout du rouleau ? Il est urgent de mettre cette négociation derrière nous afin de se concentrer à la lutte contre la COVID-19. Nous sommes tout près d’un point de rupture dans les services à la population. Québec doit bouger», déclare le président de la FTQ, Daniel Boyer.

«Pour aider à régler le problème d’attraction et de rétention du personnel, il faut reconnaître et valoriser le travail effectué, pas juste par de beaux discours à la télévision, mais par des gestes concrets», ajoutent les leaders syndicaux, Benoit Bouchard, président du SCFP-Québec, Sylvie Nelson, présidente du SQEES-298, Pierrick Choinière-Lapointe, directeur exécutif du SEPB, et Raymond Larcher, président de l’UES 800.

«Les travailleuses et travailleurs du soutien scolaire tiennent les écoles à bout de bras. C’est bien beau de procéder à des embauches et d’ajouter des journées pédagogiques, mais encore faudrait-il que le personnel puisse compléter leur semaine normale de travail, pas juste des horaires brisés de 15 heures par semaine. Par exemple, dans les services de garde, les éducatrices travaillent souvent avec une quinzaine de bulles avec souvent une vingtaine d’enfants à gérer.»

«Les réformes de structure, l’organisation du travail déficient et les écarts importants de rémunération ont pavé la route à la crise que nous traversons. Les travailleuses et travailleurs sont exténués, des milliers ont contracté le virus, d’autres en sont décédés et c’est par centaines que le personnel quitte les services publics. Le recrutement de nouveau personnel en santé et en éducation est la preuve que les conditions d’exercice d’emploi et de rémunération sont déficientes. Pourtant, nous avons proposé des solutions, mais en vain», ajoute les leaders syndicaux.

«Nous avons des demandes raisonnables, des solutions immédiates. Québec a choisi de débloquer 14 milliards de dollars pour la mise à niveau de nos infrastructures, dans le béton. Il est temps d’investir dans nos ressources humaines en santé et en éducation», conclut le président de la FTQ.

Statistiques pour déboulonner quelques mythes et mieux comprendre les enjeux de cette négociation:

  • Moyenne salariale des employés du secteur public (FTQ) : 36 155,49 $ ;
  • Moyenne salariale des employés occasionnels et temporaires (FTQ) du secteur public (autres que réguliers) : 28 490,15 $ ;
  • Retard salarial du secteur public (FTQ) : 6,2 % ;
  • Pourcentage de femmes que nous représentons (FTQ) : 73,7 % ;
  • Pourcentage de travailleurs et travailleuses qui n’ont pas de permanence ou de poste à temps complet (FTQ) : 43,2 %.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.

Les travailleuses et travailleurs du secteur public de la FTQ sont représentés par le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), le Syndicat québécois des employées et employés de service, section locale 298 (SQEES-298), le Syndicat des employées et employés professionnels-les et de bureau (SEPB) et l’Union des employés et employées de service, section locale 800 (UES 800)