Le dernier budget Trudeau avant les élections : les attentes de la FTQ 

Serge Cadieux, secrétaire général de la FTQ

Photo: Vincent Constantineau

Les libéraux doivent corriger les lacunes de l’assurance-emploi

Montréal, le 13 mars 2019. – À l’approche du dernier budget du gouvernement Trudeau avant les élections de cet automne, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) demande au gouvernement libéral de corriger les graves lacunes de l’assurance-emploi qui privent les travailleurs et travailleuses de recevoir leur juste part du régime et d’être traités de façon équitable.

Le gouvernement fédéral doit revoir les critères d’admissibilité à l’assurance-emploi pour les régions à forte présence d’industries saisonnières et rétablir l’ancien processus de contestation du régime, soit les conseils arbitraux composés de trois personnes : un président; un représentant des travailleurs et travailleuses; et un représentant des employeurs. D’ailleurs, dans un rapport de 2017, la firme KPMG chargée d’évaluer le travail du Tribunal de la sécurité sociale (TSS) a conclu que ce tribunal ne répondait pas aux attentes en matière de délai, d’équité, de transparence, d’accessibilité et d’efficacité en plus d’être plus couteux que l’ancien système.

«Le Tribunal de la sécurité sociale, créé par les conservateurs et auquel ne siège qu’une seule personne, est inefficace. Les conseils arbitraux avaient l’avantage d’être présents dans toutes les régions du pays en plus de permettre aux travailleurs et travailleuses de plaider leur cause en personne. Les chômeurs et chômeuses attendent déjà depuis trop longtemps un traitement juste et équitable. C’est le temps pour le gouvernement Trudeau d’agir de façon positive et de traiter avec respect les personnes ayant perdu leur emploi», déclare le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux.

Par ailleurs, il est temps que le gouvernement fédéral instaure un véritable régime d’assurance médicaments public et universel. À ce sujet, la FTQ accueille le rapport provisoire du Conseil consultatif sur la mise en œuvre d’un régime national d’assurance-médicaments rendu public récemment avec un optimisme prudent.

«Nous saluons le fait que le rapport confirme ce que nous disons depuis longtemps, à savoir entre autres que les coûts des médicaments d’ordonnance au Canada ont explosé passant de 2,6 milliards en 1985 à 34 milliards en 2018; que des familles doivent choisir entre payer des médicaments ou se nourrir convenablement; que le ministre des Finances, Bill Morneau, ait reconnu qu’il y avait une pièce manquante à notre régime tout en confirmant qu’Ottawa a toujours l’intention de créer un régime national d’assurance médicaments. Cependant, la FTQ met le gouvernement fédéral en garde contre la tentation d’imiter le Québec en créant un régime hybride d’assurance privées et public qui contient de graves lacunes et qui, là aussi, entraîne une hausse importante des coûts des médicaments et ses injustices. Seul un régime entièrement public et universel est en mesure de répondre adéquatement aux besoins de la population», ajoute le secrétaire général.

En environnement, le gouvernement libéral doit se repositionner en luttant efficacement contre les changements climatiques. Il doit entre autres prévoir des programmes de soutien et de formation pour ceux et celles qui risquent de perdre leur emploi, ainsi qu’un plan d’aide aux entreprises qui seront appelées à modifier leurs procédés de production afin de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Finalement, la FTQ demande au gouvernement fédéral de lutter avec plus de sérieux contre l’évasion fiscale et les paradis fiscaux. «Tous et toutes, les entreprises comme les citoyens doivent payer leur dû à la société canadienne, c’est une question de justice et d’équité pour tous les contribuables», conclut le secrétaire général, Serge Cadieux.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.