Virage énergétique : conjuguer transition juste et dialogue social

En prévision de son premier Plan directeur en transition, innovation et efficacité énergétiques (2018-2023), l’organisme public Transition énergétique Québec (TEQ) menait récemment une consultation publique. Ce plan s’inscrit dans la poursuite des actions gouvernementales en matière de lutte contre les changements climatiques. La FTQ a déposé un mémoire  insistant sur la nécessité d’opérer un virage énergétique dans la perspective d’une transition juste pour les travailleuses et les travailleurs du Québec. Celle-ci doit s’appuyer sur un dialogue social continu à tous les paliers.

Pour affronter le défi climatique, la FTQ est convaincue de la nécessité d’effectuer une transition vers une économie verte. À cette fin, la centrale revendique auprès des autorités publiques un plan de transition vigoureux, soutenu par l’affirmation d’un réel leadership et des investissements massifs. Ce plan doit notamment miser sur l’efficacité énergétique (transports, industrie, bâtiment, etc.), l’élimination progressive de la consommation de pétrole ainsi que le transfert vers des énergies propres, renouvelables et produites localement.

La FTQ est aussi d’avis que la lutte contre les changements climatiques présente une opportunité de développement économique unique pour le Québec. L’innovation et l’efficacité énergétiques ouvrent de nouvelles possibilités d’affaires, de développement d’expertises, de création d’emplois et de dynamisation des régions et des communautés. Toutefois, la transition vers une économie verte implique une restructuration rapide et majeure de l’économie québécoise. L’emploi dans certains secteurs ou types d’activité risque de se transformer, voire de décliner à court terme, particulièrement dans les secteurs qui dépendent fortement des énergies fossiles (transports, industries de première transformation, etc.). Sans préparation, la FTQ redoute une transition sauvage et désordonnée. Celle-ci aurait pour effet de laisser pour compte des milliers de travailleuses et de travailleurs et leurs communautés, et de leur faire supporter seuls les coûts des changements climatiques et économiques.

Pour éviter cela, la FTQ réclame une transition juste. Des mesures doivent donc permettre aux travailleurs et travailleuses (soutien financier, programmes de requalification, etc.), ainsi qu’aux communautés (diversification économique, etc.) de s’adapter aux changements sans en faire les frais. La FTQ demande aussi aux autorités publiques de restaurer le dialogue social pour permettre aux travailleurs et aux travailleuses ainsi qu’aux communautés d’être parties prenantes au processus de transition.

Enfin, la FTQ s’attend à ce que le premier Plan directeur 2018-2023 mette de l’avant une politique d’ensemble cohérente, intégrant une stratégie industrielle, économique, environnementale et sociale à une politique de plein emploi de qualité. En somme, il s’agit d’établir un nouveau contrat social inscrit dans une perspective de développement durable ancrée dans une démarche de transition juste et articulée dans un dialogue social.

Consultez le mémoire de la FTQ.