Préoccupations de la FTQ concernant le contenu local et l’impact environnemental du train à grande fréquence (TGF)

Faisant suite à l’annonce du 6 juillet dernier par le gouvernement fédéral de lancer le processus d’approvisionnement pour la mise en œuvre d’un train à grande fréquence (TGF) dans le corridor Québec-Toronto, la FTQ s’est adressée au ministre fédéral des Transports, Omar Alghabra, afin de s’assurer d’un seuil minimal de contenu local dans l’octroi des contrats avec un impact environnemental minimal.


Monsieur le Ministre,

C’est avec enthousiasme que la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) a accueilli votre annonce, le 6 juillet dernier, de lancer les premières étapes de préparation du processus d’approvisionnement visant à se doter d’un train à grande fréquence (TGF) d’ici 2030. Ce projet structurant, qui prévoit la construction d’une voie réservée le long du corridor Toronto-Ottawa-Montréal-Québec ainsi que l’achat de nouveaux trains, représente des investissements publics névralgiques pour assurer la relance économique inclusive et durable du pays. Qui plus est, ils auront d’importantes retombées en termes de création d’emplois et de vitalité économique pour les industries et les entreprises québécoises.

Voilà d’excellentes nouvelles pour les 600 000 membres que représente la FTQ dont plusieurs travaillent notamment dans l’industrie de la construction, le secteur manufacturier et du transport ferroviaire pour ne nommer que ceux-là.

Par ailleurs, nous pensons qu’il faut prendre le temps de bien faire les choses. Le Canada doit notamment prioriser le développement durable et l’environnement. Pris sous cet angle, nous estimons que, dans le processus d’appel d’offres et dans les contrats qui suivront, le gouvernement doit privilégier l’approvisionnement (de biens et de services) de proximité. Certains argumenteront que les accords de libre-échange sont un frein à ce type de restrictions dans les appels d’offres. Pourtant, pour la plupart, ces derniers allouent aux États la possibilité d’imposer des règles pour des considérations de développement durable, sociales et sanitaires*.

Nous avons confiance que votre gouvernement saura trouver des voies de passage dans les accords de libre-échange tout en respectant l’esprit de ces derniers.

À titre d’ancien activiste communautaire, nous sommes persuadés que vous avez à cœur le bien-être de vos concitoyens et de vos concitoyennes et que vous saurez faire profiter aux communautés concernées d’un maximum de retombées économiques que représente ce genre de projet.

Veuillez agréer, monsieur le Ministre, nos meilleures salutations.

Le secrétaire général de la FTQ,
Denis Bolduc

*Soit l’introduction d’une spécification technique – expressément mentionnée dans l’appel d’offres – qui renvoie au respect de principes environnementaux. Par exemple, on pourrait exiger qu’une entreprise soit située à proximité du lieu où le service sera rendu ou encore que l’entreprise ait un processus de production à faible empreinte carbone.