Prendre soin de notre monde, c’est aussi ça le mouvement syndical!

Conférence nationale du réseau des délégués sociaux et déléguées sociales de la FTQ 2018

Photo: Eric Demers

«L’année 1983 aura été un grand cru pour le mouvement syndical : la création du Fonds de solidarité, ainsi que la mise sur pied d’un réseau d’exception, celui des déléguées sociales et délégués sociaux!» C’est ainsi que le président du conseil d’administration du Fonds de solidarité FTQ, Robert Parizeau, a ouvert la Conférence nationale des délégués sociaux et déléguées sociales (DS) le 14 février dernier.

C’est visiblement ému que M. Parizeau s’est adressé aux 300 personnes venues de partout au Québec pour leur témoigner de l’heureuse surprise qu’il a eue lorsqu’il a découvert l’existence du réseau : une innovation singulière, efficace et surtout, d’une grande humanité!

Aujourd’hui, c’est plus de 3 000 délégués sociaux et déléguées sociales (DS) qui constituent ce réseau d’entraide syndicale présent dans toutes les régions du Québec.

Lors du dernier Congrès de la FTQ, les DS ont manifesté leur désir de se réunir tous les cinq ans à une échelle nationale. Une résolution à cet effet a donc été adoptée et elle tombait à point puisque l’année 2018 marquait le 35e anniversaire du réseau. La FTQ a donc profité de la Journée de reconnaissance des DS, le 14 février, pour lancer sa conférence nationale. Deux journées bien remplies ponctuées d’échanges entre les participants et les participantes, ainsi que des conférenciers et conférencières qui ont animé des ateliers ou des conférences sur divers sujets d’intérêt. Il a été question notamment de l’approche de réduction des méfaits dans un contexte de légalisation du cannabis, d’ententes de dernière chance, d’augmentation des risques psychosociaux en milieu de travail, etc.

Les délégués sociaux et déléguées sociales ont également eu la chance d’échanger avec leurs pairs sur leurs réalités. Cependant, un grand constat commun demeure : au fil des ans, la société et nos milieux de travail ont bien évolué, mais les problèmes de consommation, de santé mentale, d’endettement et de violence persistent. Nos membres vivent toujours des difficultés et personne n’est à l’abri de moments de détresse.

L’intervention des DS garde donc tout son sens et, encore aujourd’hui, le réseau demeure tout aussi nécessaire qu’il l’était lors de sa création dans les années 1980. Comme le rappelle le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux, dans la vidéo réalisée lors de l’événement et que vous pouvez visionner sur le site de la FTQ : «Louis Laberge se plaisait à dire que le réseau des DS était une des réalisations de la FTQ dont il était le plus fier. Trente-cinq ans plus tard, il fait encore la fierté de la FTQ et reste un exemple extraordinaire de solidarité et d’entraide, valeurs fondatrices du mouvement syndical».

S’impliquer pour changer le monde!

Photo: Casadel

«Observer, écouter et être tolérant : voilà les ingrédients nécessaires pour être un bon délégué social. Pour que les travailleuses et travailleurs nous fassent confiance, qu’ils s’ouvrent à nous et que nous puissions les aider et les guider vers les bonnes ressources. Les rencontres comme celles-ci nous nourrissent et nous donnent envie de continuer.»

— Enrique Vela, préposé technique chez Gecko Alliance (Unifor-1044)

Photo: Casadel

«Je cherchais une façon de m’impliquer syndicalement afin de faire ma part et, dans ce réseau d’entraide, je me sens sur mon X. Accompagner des gens qui souffrent, apprendre à les écouter sans porter de jugement, ça me fait grandir. Étant moi-même un grand anxieux, aider les autres et me concentrer sur leurs problèmes, c’est thérapeutique. Ça me fait un bien fou!»

— Jean-Luc Choquette, préposé aux services de bibliothèque de la Ville de Beloeil (SCFP-4750)

Photo: Casadel

«Le réseau d’entraide : c’est le cœur du syndicat, tout simplement ! On vient en aide à des gens qui vivent des problèmes de toutes sortes : dépendance, endettement, épuisement professionnel, etc. On arrive souvent à deviner que quelque chose ne va pas et notre rôle c’est d’abord d’écouter nos collègues. On les dirige ensuite vers des pistes de solution et ça donne des résultats. On fait une différence et c’est très gratifiant.»

— Julie Adams, mineuse à la mine Westwood à Rouyn-Noranda (Métallos-9291)

Photo: Casadel

«Je crois fondamentalement qu’on peut faire une différence en tant que DS. Il y a dix ans, quand le réseau est arrivé chez nous, j’ai tout de suite eu envie de m’impliquer. On fait face à toutes sortes de situations : des deuils, des suicides, des maladies, des pertes financières, des problèmes de consommation, de jeu, etc. Apporter du soutien, voir nos collègues grandir à travers leurs épreuves, sentir qu’on fait une différence, c’est fantastique!»

— Nancy Chicoine, Produits Neptune (SQEES-298)

Pour en savoir plus, visionnez la vidéo de l’événement.