Métier : soudeuse

Photo: Eric Demers

Un travail de dextérité et de minutie

Martine Fournier est soudeuse chez Remtec depuis trente ans. Le Monde ouvrier s’est rendu dans le parc industriel de Chambly où la compagnie fabrique des citernes destinées au transport de produits pétroliers.

«Mon grand-père était forgeron, c’est donc un univers dans lequel j’ai toujours baigné. Adolescente, j’avais des amis qui faisaient un cours de soudure et c’est leur professeur, lors d’une de mes visites à l’atelier, qui a remarqué mon intérêt et qui m’a suggéré de m’inscrire. Comme j’étais une fille assez manuelle et que je m’imaginais très mal exercer un métier sédentaire dans un bureau, je me suis dit : pourquoi pas!», raconte Martine.

Après une formation professionnelle (DEP), Martine est entrée dans la compagnie pour y faire un stage et elle n’a jamais quitté l’endroit qu’elle qualifie de sa «deuxième famille». Seule femme soudeuse dans la compagnie, le parcours n’a évidemment pas été de tout repos, comme c’est souvent le cas dans les métiers non traditionnels pour les femmes, mais ses qualités professionnelles ont très rapidement pris le dessus sur les préjugés.

Le travail de Martine chez Remtec consiste à fabriquer, assembler et souder l’ensemble de la plomberie qui se trouve sur toutes les citernes qui sortent de l’usine. Elle coupe les pièces selon les dessins fournis par les différentes compagnies, les ajuste, installe la machinerie nécessaire et assemble le tout.


Métier: soudeuse

«C’est un métier exigeant physiquement, mais le corps s’adapte et je ne me vois pas faire autre chose!» le message qu’elle lance aux jeunes filles qui envisagent un métier non traditionnel comme la soudure : «Go les filles, c’est un beau métier dans lequel il y a de l’avenir et si on veut, on peut!» –Martine Fournier, soudeuse


Un peu comme le yoga!

«Quand j’ai mon casque baissé, je suis dans ma bulle. Concentrée sur ce que je fais. J’aime beaucoup le monde et le travail d’équipe, mais j’apprécie aussi beaucoup cette solitude que mon métier m’apporte. Le bruit de la machine, la concertation que ça demande, ça me berce, un peu comme le yoga.»

«C’est un métier qui peut sembler routinier, mais ça ne l’est pas parce que les dessins changent continuellement selon les besoins des clients. Et il y a aussi une grande part de création qui comble mon côté manuel et artistique. Il y a aussi la satisfaction de voir le résultat du travail accompli avec nos mains et de vouloir toujours faire mieux. Et c’est toujours satisfaisant de reconnaître sur les autoroutes les citernes que j’ai faites.»

Merci à Stéphane Lacroix du syndicat des Teamsters ainsi qu’à Pacifique Varin et Michel Richard de la section locale 1791 d’avoir rendu cette entrevue possible. Rendez-vous dans la section Vidéos du site de la FTQ pour voir les reportages vidéo des chroniques métier du Monde ouvrier.