Métier : physicien en modélisation et répondant opérationnel

Métier: physicien en modélisation et répondant opérationnel

Ici, on surveille des données et on émet les prévisions météorologiques pour l’ensemble du Canada. Photo: Eric Demers

Diplômé en mathématiques et en physique, Alain Malo est physicien en modélisation et répondant opérationnel au Centre météorologique canadien à Dorval depuis 15 ans. Ils sont plus de 200 à travailler dans cette véritable ruche de scientifiques à l’emploi d’Environnement et Changement climatique Canada. Alain travaille dans la Section de la réponse aux urgences environnementales composée de météorologues, physiciens, chimistes, ingénieurs et informaticiens. Son travail consiste notamment à fournir, en temps réel, des prévisions de déplacement de polluants pouvant poser un risque ou une menace à l’environnement, à la santé humaine ou à l’aviation.


Alain Malo, physicien en modélisation et répondant opérationnel«Je suis un passionné de science. Je veux toujours en savoir plus et ce travail nous permet de toujours apprendre et de toujours avancer. C’est très stimulant et valorisant.»

— Alain Malo, physicien en modélisation et répondant opérationnel au Centre météorologique canadien à Dorval


En plus de faire de la recherche et du développement, Alain répond à des urgences environnementales associées à des événements atmosphériques. «Ce qu’on fait dans l’équipe, c’est développer des outils de modélisation numérique pour prévoir le déplacement de polluants dans l’atmosphère et, à partir de ces prévisions, on diffuse l’information à nos différents partenaires.»

«On répond à des urgences environnementales. Ce sont souvent des événements ponctuels qui posent des dangers à court terme, comme des incendies industriels, des accidents nucléaires, des éruptions volcaniques ou d’autres types de catastrophes naturelles, comme des feux de forêt. Le service offert est disponible 24 heures sur 24, 365 jours par année», explique Alain Malo.

«C’est un travail passionnant qui comporte son lot de stress, car la rapidité et l’exactitude des réponses fournies ont des impacts majeurs sur la population.» À titre d’exemple, Alain explique que lors d’une éruption volcanique (même si ce volcan est à des milliers de kilomètres), on calcule le déplacement des cendres dans l’atmosphère, car celles-ci peuvent poser un danger pour les moteurs des avions. Une fois l’information transmise au secteur de l’aviation, des corridors aériens seront fermés ou non.

L’accident de Lac-Mégantic

Ces incidents peuvent survenir n’importe où dans le monde. Près de chez nous, Alain a dû répondre en temps réel pendant la nuit lors de la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic en 2013. «Nous avons fourni plusieurs simulations du déplacement du panache (une masse d’air se distinguant de l’air environnant par une température ou une composition très différente) et nous avons pu confirmer que celui-ci était transporté du côté américain. Les mesures nécessaires ont ensuite été mises en place avec nos partenaires de l’autre côté de la frontière.»

Un travail très diversifié

«On ne sait jamais à quoi va ressembler notre journée en arrivant au bureau. Il nous arrive environ une urgence environnementale par semaine, qui peut provenir des quatre coins du globe, mais qui a une incidence ici, sur le territoire canadien.» Quand il ne répond pas aux urgences, Alain se prépare en développant des modèles de transport et de dispersion des polluants. «On les raffine, on les teste, on les valide. C’est un aspect important du travail que l’on fait avec nos partenaires à travers le monde.»

«On développe des outils de modélisation pour faire la prévision du déplacement de nuages de polluants dans l’atmosphère qui peuvent poser des risques pour la santé humaine, l’aviation ou l’environnement.»

«Les programmes informatiques avancés sur lesquels Alain travaille sont reliés à des superordinateurs qui permettent de solutionner ou de résoudre une foule d’équations mathématiques ou de concepts et de processus physiques.

Merci à Yvon Brodeur et Guillaume Marcotte de l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC) d’avoir rendu cette entrevue possible.