Métier : mineuse

Les galeries de la mine font en superficie l’équivalent de la route entre Montréal et Rouyn Noranda. Les cages descendent jusqu’à plus de 2 kilomètres sous terre.

Une femme sur une planète d’hommes

Rien ne prédisposait Julie Adams, mère de trois enfants et ancienne secrétaire d’école dans les Laurentides, à devenir mineuse en Abitibi-Témiscamingue.

Mais la situation économique difficile dans la région et l’envie de relever de nouveaux défis l’ont poussée à se réorienter. Il faut dire que Julie n’en était pas à son premier changement de carrière. En effet, cette femme dynamique n’ayant pas froid aux yeux avait déjà côtoyé d’autres milieux non traditionnels, soit ceux de la construction et de l’aménagement de la forêt.

« Quand je suis tombée sur le secteur minier au cours de mes recherches, ç’a été révélateur. Je découvrais un monde complètement inconnu plein de défis et qui offrait des perspectives d’emploi très intéressantes. Je me suis donc inscrite à un cours en extraction de minerai à Val-d’Or. »

D’une durée de six mois, les cours se donnent par petites cohortes. Après trois semaines de théorie, l’apprentissage du métier se fait directement sur le terrain avec les mineurs. Julie a commencé à la mine Mouska qui appartenait aussi à la compagnie IAMGOLD qui exploite la mine d’or Westwood en Abitibi-Témiscamingue où elle travaille depuis bientôt huit ans et où nous l’avons rencontrée.

« Ç’a été un défi important, pour moi et ma famille, de déménager, mais aujourd’hui, nous avons adopté cette région qui nous le rend bien. Nous sommes tout à fait intégrés et heureux. »

Julie travaille dans l’équipe de production. C’est-à-dire qu’elle récupère le minerai extrait par l’équipe de développement et le transporte dans des trains à wagons ou par camions vers le concasseur d’où il remonte vers le moulin où l’or est préparé avant d’être vendu à des raffineurs.

 

Seule femme parmi près de 400 mineurs

« J’ai eu un bel accueil. C’est un monde qui est difficile à percer, mais une fois que c’est fait, on est une vraie famille. Si je fais ce que je fais aujourd’hui, c’est grâce à mes collègues qui m’ont tout montré et aussi grâce à mon conjoint et mes garçons qui m’ont soutenue. Comme quoi, nous avons aussi besoin des hommes quand on exerce un métier non traditionnel ! »

C’est aussi sans doute cette réalité qui a amené Julie à s’impliquer comme déléguée sociale depuis six ans : « Je pense que le fait d’être une femme a favorisé les confidences de mes collègues de manière toute naturelle ». Aujourd’hui, elle est également membre de l’exécutif du local composé 9291 du Syndicat des Métallos et s’implique dans le dossier de la santé et sécurité du travail dans la mine.

« Il n’y a rien d’anodin dans le métier de mineur. Il n’y a pas une journée pareille et ça comporte son lot de défis : bris mécanique, panne d’électricité, etc. Il faut beaucoup de rigueur, de force physique et de caractère. Il faut aussi être débrouillard, organisé et en mode solution. Et des solutions, on en trouve toujours ! »

Un métier exigeant physiquement

« C’est un environnement contrôlé où l’air et l’eau doivent être transportés et où le taux d’humidité est à 100 %. Il fait souvent soit très chaud, soit très froid, alors c’est très exigeant physiquement. Bien que je sois fière de pouvoir faire ce travail, que je ne le changerais pas et que j’aimerais le pratiquer encore plusieurs années, je ne sais pas si mon corps va suivre. Mais si je peux, je vais continuer jusqu’à ma retraite ! »


Merci à Clairandrée Cauchy du Syndicat des Métallos d’avoir rendu cette entrevue possible. Rendez-vous dans la section Vidéos du site de la FTQ pour voir les reportages vidéo des chroniques métier du Monde ouvrier.

Photos : Eric Demers