50 ans pour la francisation

Le 21 novembre 1969, les délégués présents au 11e Congrès de la FTQ qui se tenait à Québec ratifièrent la première politique linguistique de la FTQ. Au cœur de cette politique figure l’affirmation «que le français doit devenir la langue de travail normale et courante à tous les paliers de l’activité économique au Québec». Une politique qui sera précurseure de 50 ans d’actions pour la francisation du Québec. Cette exposition, réalisée grâce à une contribution du ministère de la Culture et des Communications, vous permet de voir les contours d’une action permanente de la FTQ en vue de faire du français cette langue commune et courante du monde du travail. Bonne rencontre avec notre histoire.

— Daniel Boyer, président de la FTQ

La genèse

Le contexte linguistique de la fin des années 1960 se voulait plutôt «chaud». De la crise sur le libre choix de la langue d'enseignement à Saint-Léonard aux manifestations pour une université McGill en français en passant par l’adoption du «bill 63», les tensions étaient vives et l’inquiétude grandissait à l'égard de l'avenir du français au Québec. Il fallait agir. Si l’adoption de la Loi 22 en 1972 allait reconnaître le français comme la langue officielle du Québec, il faudra attendre 1977 et l’adoption de la Loi 101 pour voir se concrétiser des actions et des gestes plus musclés à l’égard du français comme langue du travail. Une loi plus contraignante qui s’inspire en partie de la politique linguistique et des positions de la FTQ.

  • La bataille des gens de l’air — 1975

    La bataille des gens de l’air — 1975

    Plusieurs batailles linguistiques ont évidemment été marquantes au Québec. Celle des gens de l’air est passée à l’histoire. Dans un souci d’assurer la sécurité aérienne, on veut interdire aux francophones au début des années 1970 de parler entre eux en français dans les cabines de pilotage et avec les tours de contrôle. La Canadian Airline Pilots Association est l’instigatrice de cette campagne. Une coalition nommée l’Association des gens de l’air du Québec est créée et mène une campagne active pour que l’on puisse s’exprimer en français dans les airs. Cette bataille va recevoir un vaste appui populaire et deviendra le symbole de l’affirmation des francophones. Une commission d’enquête établit que le français peut être utilisé sans poser de risque à la sécurité aérienne. Le gouvernement fédéral mettra finalement en œuvre ces recommandations en 1980.

  • Une histoire, une langue, un avenir, 28e Congrès de la FTQ — 2007

    Une histoire, une langue, un avenir, 28e Congrès de la FTQ — 2007

    «Des francophones qui travaillent en anglais, dans des entreprises dont les contremaîtres et les propriétaires sont anglophones... On peut se douter qu'avant la Loi 101, et plus précisément avant notre prise de conscience collective, les négociations se déroulaient en anglais.»

  • La grève de GM — 1970

    La grève de GM — 1970

    La grève des employés de GM en 1970 demeure importante dans la lutte pour un Québec français. En 1970, les 2400 salariés de GM à Sainte-Thérèse débrayent. Le syndicat réclame que le français soit la langue des négociations, de la convention collective, bref des relations du travail. Une lutte épique qui a permis d'attirer l’attention sur le français comme langue de travail dans l’entreprise privée au Québec.

    Image : Télégrammes envoyés par le Comité des travailleurs unis de l’automobile Local 1163 au premier ministre Robert Bourrassa et au ministre du Travail Pierre Laporte pour exiger que General Motors négocie en français avec ses travailleurs et travailleuses. — 1970

  • Campagne Les mots qu’il faut

    Campagne Les mots qu’il faut

    Les travailleurs et travailleuses du secteur de l’automobile ont particulièrement été militants en matière de francisation et actifs pour l’utilisation des bons mots en français. Ici, les éléments d’un moteur dans une affiche de la série Les mots qu’il faut.

Création du service de la francisation

La francisation des entreprises traverse une période de stagnation pendant les années 1980. La FTQ décide donc de marquer le coup en créant un service permanent de la francisation. Différents outils sont conçus pour sensibiliser les travailleurs et travailleuses à la promotion du français en 1984. On décide notamment de créer le bulletin «Travailler en français» pour assurer un lien avec les militants et militantes.

  • Affiche de la 1ère rencontre annuelle sur la francisation — 1991

    Affiche de la 1ère rencontre annuelle sur la francisation — 1991

    Parmi les actions syndicales visant à soutenir les comités de francisation en entreprise figure l’organisation de rencontres nationales sur la francisation, dont la première en avril 1991, regroupant plus de 200 syndicalistes.

  • Campagne Plus précieux que jamais — 2010

    Campagne Plus précieux que jamais — 2010

    La présence syndicale dans les comités de francisation demeure essentielle pour assurer que le français soit la langue des relations du travail dans une entreprise. Bien qu’en vertu de la loi, ces comités de francisation sont obligatoires dans les entreprises employant 100 personnes et plus, la FTQ revendique toujours que cette obligation s’applique aux entreprises employant de 50 à 99 personnes.

  • Affiche Travailler en français. À nous d’y voir. — 1986

    Affiche Travailler en français. À nous d’y voir. — 1986

    «Travailler en français» devient non seulement un leitmotiv, mais aussi le titre du tout nouveau bulletin de liaison du service de la francisation dont le premier numéro paraît en juin 1986.

  • Macaron J’aime et j’apprécie mon comité de francisation — 2013

    Macaron J’aime et j’apprécie mon comité de francisation — 2013

    Plusieurs campagnes de promotion ont eu cours pour promouvoir la nécessité de l'action syndicale dans les comités de francisation.

  • Sous-verre Le français : une condition de travail — 2005

    Sous-verre Le français : une condition de travail — 2005

    Produit avec la collaboration du Fonds de solidarité FTQ pour la Semaine du français en 2005.

Les revendications syndicales

La langue française comme revendication syndicale n’est pas arrivée spontanément dans nos discours. Fernand Daoust, secrétaire général (1969-1991) et président (1991-1993) de la FTQ, a joué un rôle actif en ce domaine. Très tôt, il considère que l’imposition de l’anglais dans les milieux de travail «constitue une injustice tout aussi révoltante que l’exposition des travailleurs et travailleuses à des conditions de travail insalubres ou que les salaires minables qu’on leur verse».

Extrait du livre Fernand Daoust 2. Bâtisseur de la FTQ, 1964-1993, André Leclerc, pp. 331-332

  • Campagne Mieux vaut prévenir — 2004

    Campagne Mieux vaut prévenir — 2004

    L’Office québécois de la langue française (OQLF) demeure aussi un partenaire de premier choix pour la FTQ dans l’objectif général de la francisation du Québec. L’OQLF est non seulement responsable de l’application de la Charte de la langue française, mais peut être aussi l’instigateur de diverses campagnes promotionnelles comme celle-ci.

  • Campagne Les outils peuvent se retourner contre vous — 2014

    Campagne Les outils peuvent se retourner contre vous — 2014

    Comment travailler dans une langue qui n’est pas la nôtre? Comment assembler des pièces d’avion ou d’auto alors que les directives ou les plans sont écrits dans une autre langue que le français? Les employeurs, les employés, mais aussi le public sont confrontés à ces questions de sécurité. La FTQ n’est évidemment pas en reste en rappelant lors de diverses campagnes parfois percutantes la nécessité d’exiger des outils et des documents de travail en français.

  • Campagne Pour chaque objet, ILYA un terme français — 2014

    Campagne Pour chaque objet, ILYA un terme français — 2014

    Quel bon terme doit-on utiliser dans les garages? Avec une campagne plutôt humoristique, la FTQ innove en s’inspirant d’un style de publicité plutôt suédois… À lire à voix haute en se rappelant que des essuie-glaces peuvent tout aussi bien essuyer un pare-brise que des «wipers» sur un «windshield»... Pensez-y donc avant de demander à votre garagiste de changer vos «spark plugs»!

Approche sectorielle

Au début des années 1990, une nouvelle stratégie est mise en opération, soit l’approche sectorielle. Une réalité créée d’abord dans le secteur de l’aéronautique et de l’aérospatiale alors que plusieurs employeurs de ce secteur refusent de collaborer avec les membres syndiqués des comités de francisation.

Les interventions sectorielles de la FTQ ont permis la reconnaissance de la contribution des travailleurs et travailleuses et de la centrale comme figures importantes de la francisation des milieux de travail. La FTQ a également reçu en 1999 un prix des Mérites du français au travail pour la création du regroupement sectoriel de l’aéronautique et de l’aérospatial.

  • Campagne Je mets l’accent sur... — 2017

    Campagne Je mets l’accent sur... — 2017

    L’Office québécois de la langue française (OQLF) demeure aussi un partenaire de premier choix pour la FTQ dans l’objectif général de la francisation du Québec. L’OQLF est non seulement responsable de l’application de la Charte de la langue française, mais peut être aussi l’instigatrice de diverses campagnes promotionnelles comme celle-ci.

  • Campagne Travaillez en français — 2017

      Campagne Travaillez en français — 2017

    Cette campagne a été désignée comme grande lauréate du ministère de la Culture et des Communications dans la catégorie Rayonnement de la langue française. Conçue par la firme Upperkut, cette campagne, qui comprenait aussi de courtes animations sur le web, visait à accroître l’utilisation du français dans ces secteurs pour améliorer le rendement et le bien-être ainsi que l'efficacité au travail.

La solidarité : du Québec à l’international

Bien que l’anglais soit considéré comme la langue des affaires, le français demeure une langue internationale importante. Selon l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), on estime qu’il y aurait 300 millions de locuteurs de langue française présents sur les 5 continents. Il s’avère tout à fait pertinent de comprendre comment le monde du travail opère dans un contexte multilingue, comme en Europe. La mondialisation peut aussi être syndicale.

  • Campagne On ne demande pas la lune — 1998

    Campagne On ne demande pas la lune — 1998

    L'approche sectorielle permet aussi de voyager… jusqu’à la lune ou du moins jusqu’en en France. Au mois de mai 1998, une délégation de 18 personnes de la FTQ a effectué une mission syndicale à Bordeaux et à Toulouse avec l’objectif de rencontrer des travailleurs et des travailleuses syndiqués de l’industrie de l'aérospatiale membres de la Confédération générale du travail (CGT), de la Confédération française démocratique du travail (CFDT) et de Force ouvrière (FO). L’objectif est d’évaluer la place du français dans cette industrie par rapport à celle qui lui est accordée au Québec et de voir si la mondialisation et la technologie devaient uniquement se vivre en anglais. On constate alors que «les milieux de travail français, sans être parfaits, sont la preuve qu’il est possible de travailler en français et mieux encore qu’il est possible d'organiser et de réaliser cette francisation au Québec».

  • Campagne La francophonie vivante — 2012

    Campagne La francophonie vivante — 2012

    La langue française est vivante partout sur la planète. Elle est syndicale, culturelle et économique et peut aussi être l'objet de nouvelles solidarités comme celles exprimées par des représentants de la FTQ aux deux réunions du Forum mondial de la langue française tenues en 2012 et en 2015.

  • Portail languedutravail.org — 2009

    Portail languedutravail.org — 2009

    Les efforts en vue d’une mondialisation syndicale qui se veut aussi en français se retrouvent maintenant sur le web. En 2009, grâce au soutien financier de l’Office québécois de la langue française (OQLF), la FTQ décide de créer un portail dédié à la promotion du français dans l’espace francophone international et cela en association avec la CGT en France et plusieurs autres partenaires syndicaux québécois (CSN, CSQ, CSD, FAE, SFPQ).

Francisation et immigration au XXe siècle

Bien que l’anglais soit considéré comme la langue des affaires, le français demeure une langue internationale importante. Selon l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), on estime qu’il y aurait 300 millions de locuteurs de langue française présents sur les 5 continents. Il s’avère tout à fait pertinent de comprendre comment le monde du travail opère dans un contexte multilingue, comme en Europe. La mondialisation peut aussi être syndicale.

  Cours de français chez Peerless — 2013
  • Campagne Moi, j’apprends le français — 2013

    Campagne Moi, j’apprends le français — 2013

    Le mouvement syndical s’active de plusieurs façons pour aider à la francisation. Ici, une campagne épurée avec un message clair. Apprendre le français pour vivre, pour aimer et aussi... pour militer. Pour une centrale syndicale, il faut parfois joindre l’utile à l’agréable!

  • Campagne Le français, outil d’intégration — 2017

    Campagne Le français, outil d’intégration — 2017

    C’est connu, les milieux de travail constituent un merveilleux lieu d’intégration. Or, encore aujourd’hui, le taux de chômage chez les personnes immigrantes est nettement au-dessus de la moyenne nationale. Bref, la société québécoise doit aussi se doter d’outils pour favoriser l’intégration professionnelle des personnes immigrantes.

Création contemporaine des diverses campagnes

Au printemps 2016, la FTQ lance une nouvelle campagne intitulée «Sortez votre langue de votre poche». Une campagne plutôt humoristique avec plusieurs déclinaisons sérieuses. Une campagne d’affichage présente également dans les réseaux sociaux, une vidéo d’animation, des argumentaires, etc. Des personnages de style bande dessinée qui sont toujours vivants et qui évoluent avec de nouvelles histoires et de nouveaux messages.

  • Vidéo Sortez votre langue de votre poche!  — 2016

    Vidéo Sortez votre langue de votre poche! — 2016

    Travailler en français au Québec, ça devrait aller de soi. Malheureusement, force est de constater que plusieurs travailleurs et travailleuses n’arrivent pas à faire valoir ce droit dans les entreprises où ils travaillent. Certains employeurs contreviennent à leurs obligations prévues dans la loi et il arrive même parfois que la résistance à franciser le milieu de travail se manifeste par nos confrères et consoeurs de travail.

  • Vidéo Le français au travail, ça se travaille!  — 2017

    Vidéo Le français au travail, ça se travaille! — 2017

    Le français, c’est notre langue commune. C’est la langue qui nous permet d’assurer la sécurité des travailleuses et des travailleurs et de faciliter l’intégration des personnes issues de l’immigration. C’est la langue qui nous permet de mieux communiquer, de mieux échanger et de mieux performer.