Loi spéciale après une grève de 48 h à la desserte de la Basse-Côte-Nord - Le gouvernement bafoue le droit de négocier

Québec, le 9 juin 2016 – Après avoir sapé la négociation entre le Relais Nordik et les officiers du Bella Desgagnés, membres de la section locale 9599 des Métallos, voilà que le gouvernement s’apprête carrément un terme avec son projet de loi spéciale de retour au travail après seulement 48 heures de grève.

« Nous examinerons nos recours légaux. C’est un affront à la liberté d’association. Le droit de grève et le droit de négocier sont protégés par les Chartes des droits et libertés. En déposant une telle loi spéciale, en court-circuitant la négociation, le gouvernement bafoue un droit fondamental. La volonté de partir en vacances la tête tranquille semble avoir brouillé le jugement des ministres », a lancé le directeur québécois des Métallos, Alain Croteau.

Pourtant, il y avait place à la négociation. Le transport des marchandises se faisait selon l’horaire normal jusqu’à la semaine du 20 juin prochain, afin de permettre aux communautés de la Basse-Côte-Nord de faire des réserves.

« Dès que le gouvernement a évoqué une loi spéciale mardi dernier, l’employeur n’avait plus intérêt à négocier. Le pouvoir exécutif s’immisce dans une négociation du secteur privé, en mettant fin à une grève légale qui respectait en tous points les services essentiels. Lorsque le service a été interrompu pendant trois semaines l’été dernier et pendant deux semaines en 2014 en raison de bris mécaniques, l’assemblée nationale n’a pas voté de loi spéciale! », s’est insurgé le représentant syndical des Métallos, Gordon Ringuette.

Les officiers réclament notamment d’être payés en fonction des heures travaillées, plutôt qu’avec un forfait journalier.

Le Syndicat des Métallos, affilié à la FTQ, est le plus important syndicat du secteur privé au Québec. Il regroupe plus de 60 000 travailleurs et travailleuses de tous les secteurs économiques.