Le système de négociation collective fonctionne, quand on le laisse fonctionner!

Toronto, ON – La table installée dans la salle Interlaken du Sheraton de l’aéroport était couverte de papiers, de tassés à café vides, de bouteilles de boisson gazeuse et d’eau, d’emballages de friandises, de notes griffonnées, de propositions et de contre-propositions…

Un sentiment de finalité planait dans l’air; une entente, une entente plutôt exhaustive, était sur le point d’être conclue. Air Canada tentait de faire la paix avec ses travailleurs représentés par l’Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l’aérospatiale (AIM). L’entente se trouvait également sur cette table. Les uns après les autres, les documents la constituant – modifications, lettres d’entente, engagements, échelles salariales, clauses modifiées, bref tout le contenu d’une nouvelle convention collective – étaient en train d’être signés.

« C’est la première fois en plus d’une décennie que nous avons réussi à négocier librement, sans menace de faillite ou d’ingérence gouvernementale, explique Fred Hospes, président et directeur général du district 140 des transports de l’AIM. C’est la preuve que le processus de négociation collective peut fonctionner lorsque les parties en cause ont la possibilité de travailler sans entrave. »

Les équipes de négociateurs d’Air Canada (à gauche) et du district 140 des transports de l’AIM se réunissent pour une dernière fois afin de conclure et signer une entente de principe d’une durée de dix ans. Les négociations ont été entamées en septembre 2015 et les parties sont parvenues à conclure une entente de principe à Vancouver tout juste avant Noël. C’est lors d’une réunion tenue le 7 janvier 2016 à Toronto que les derniers points ont été finalisés en vue de présenter l’entente aux 8 200 membres dans le cadre d’assemblées de ratification prévues d’un bout à l’autre du pays.

« Cette entente assure la sécurité d’emploi à nos membres dans les aéroports, renchérit M. Hospes. Pendant la durée de la convention collective, nos membres continueront à s’occuper des services d’escale régionaux à leurs aéroports d’attache. Donc, peu importe où ils travaillent et pour quel transporteur ils travaillent, leurs emplois sont protégés. C’est la première fois que nous jouissons d’une telle protection. »

Ken Russell, président de l’équipe de négociateurs et président général du district 140 des transports de l’AIM, remet l’un de plusieurs documents signés à ses homologues représentant Air Canada. M. Russell est flanqué de ses coprésidents, Keith Aiken (à gauche) et Lou Pagrach (à droite).

L’entente de principe couvre plus de 40 classifications d’emploi au sein des divisions Opérations techniques, Aéroports et fret et Logistique et approvisionnement. « Nous avons également réussi à protéger la sécurité d’emploi des mécaniciens d’Air Canada tant que les appareils qu’ils entretiennent actuellement demeureront en service, ajoute M. Hospes. Ainsi, si Air Canada transfère une partie de son parc d’appareils à un partenaire Air Canada Express qui continue à effectuer des vols pour le compte d’Air Canada Express, de Jazz ou de Sky Regional, ce sont les mécaniciens d’Air Canada membres de l’AIM qui seront chargés de l’entretien des appareils ainsi transférés. Cette clause ne figurait pas dans l’entente précédente. »

Keith Aiken, coprésident de l’équipe de négociateurs, échange avec le président du comité, Ken Russell.


Au cœur de la négociation collective se trouve le consensus. Ici le coprésident Lou Pagrach discute d’un point avec James Lundy et Rob LaFlamme, tous deux membres du comité.

« Une autre grande victoire pour nous a été une modification ayant pour effet d’inclure Air Canada rouge dans la section des définitions de la convention collective, précise M. Hospes. Cela signifie qu’Air Canada doit considérer les appareils de sa division rouge au même titre que les appareils de sa ligne principale en ce qui concerne les emplois de services d’escale et d’entretien. Les emplois de nos membres sont protégés! »

<img class= »cap » id= »left » data-cke-saved-src= »/sites/default/files/images/aircan-Russell-signs.jpg » src= »/sites/default/files/images/aircan-Russell-signs.jpg » style= »margin: 0px 20px 0px 0px » ;= » » « = » » title= »« Un autre gain important réalisé avec cet accord de principe est qu’il prévoit deux réouvertures, explique Ken Russell, président du comité de négociation et président général du district 140 des transports de l’AIM. Ainsi, nos membres auront la possibilité de rouvrir le contrat de travail et de négocier d’autres bonifications. » »>

Bien que nous ne soyons pas officiellement en négociation puisque l’actuelle convention collective ne vient à échéance qu’au printemps 2016, le comité de négociation de l’AIM a pu négocier librement, sans ingérence. Cette fois-ci, une convention collective s’est négociée sans entrave : aucune protection de la loi sur les faillites, aucune ingérence gouvernementale et aucun arbitrage exécutoire. Maintenant, le processus de ratification commence et des membres en poste aux bases d’Air Canada partout au pays se prononceront sur l’entente de principe au cours des neuf prochains jours.