«Le féminisme, c’est pas compliqué: c’est la revendication d’égalité entre les hommes et les femmes!»

Catastrophée de la controverse lancée par la ministre de la Condition féminine Lise Thériault au sujet du féminisme, Lucie Levasseur, présidente du SCFP-Québec, a tenu à émettre une mise au point.

Le 28 février, La Presse canadienne rapportait que la ministre «ne se dit pas féministe» et que «questionnée à savoir si une des grandes figures du mouvement féministe a été pour elle une source d’inspiration, un modèle à suivre», elle a répondu: «À première vue, je vous dirais non».

Tentant de corriger le tir, la ministre a ensuite envoyé une lettre au journal La Presse, qui en a publié des extraits le 2 mars, dont celui-ci: «Malheureusement, le féminisme est parfois présenté comme un combat mené par les femmes contre les hommes. […] C’est en référence à cette conception polarisante du féminisme que j’ai répondu à la question qui m’a été posée».

Elle-même fière féministe et syndicaliste de longue date, Lucie Levasseur recommande à la ministre de procéder d’urgence à un examen de la définition du féminisme, des réalisations du mouvement féministe et de la situation collective des femmes en 2016 dans toutes les sphères de la société québécoise. Elle lui demande également de cesser de propager une vision caricaturale du féminisme.

«La définition du féminisme dans Le Robert est limpide: ‘Attitude de ceux qui souhaitent que les droits des femmes soient les mêmes que ceux des hommes’. Le féminisme est donc un mouvement rassembleur pour tous ceux et celles qui pensent que les hommes et les femmes doivent être égaux.

«C’est un mouvement qui a beaucoup dérangé et qui dérange encore. Depuis une centaine d’années, des progrès fulgurants ont été accomplis. Mais si on analyse froidement les faits en 2016, on réalise qu’il reste encore du chemin à parcourir. En termes de revenus, de partage des tâches domestiques, de place dans les lieux de pouvoir économique et politique, de plein accès à l’avortement et ainsi de suite, la pleine égalité n’est pas atteinte.

«Au fil de ce long parcours pour l’égalité, les féministes ont toujours rencontré des adversaires, des gens qui refusaient d’être dérangés dans leur confort et leurs certitudes. Aujourd’hui, ces gens diffusent une version grossièrement déformée du féminisme, qui serait un mouvement dirigé ‘contre les hommes’. C’est absurde! C’est comme dire que les personnes militant pour l’égalité des gais et des lesbiennes sont ‘contre les hétérosexuels’, ou que les personnes noires qui militent pour leur égalité sont ‘contre les blancs’», a comparé Lucie Levasseur.

De plus, elle suggère à la ministre Thériault de multiplier les rencontres et les discussions avec les militantes des mouvements syndicaux, communautaires et associatifs du Québec. Ainsi, la ministre pourra en apprendre plus sur la condition réelle des femmes du Québec en 2016 et sur tout ce qui est fait au quotidien pour l’améliorer.

Pour se documenter sur les inégalités persistantes, elle lui recommande la lecture du «Portrait des Québécoises en 8 temps», édition de 2015, du Conseil du statut de la femme.

Pour découvrir les effets néfastes pour les femmes du programme d’austérité du gouvernement Couillard, Lucie Levasseur lui suggère «Les libéraux n’aiment pas les femmes», ouvrage d’Aurélie Lanctôt, féministe de la relève.

Enfin, pour s’inspirer des pionnières du féminisme, elle conseille la visite du monument en hommage aux femmes en politique, dévoilé en décembre 2012 sur la colline parlementaire à Québec. Le concept représente quatre pionnières: Idola Saint-Jean, Marie Lacoste-Gérin-Lajoie et Thérèse Forget-Casgrain, qui ont milité pour le droit de vote et l’éligibilité des femmes, ainsi que Marie-Claire Kirkland, première femme élue au Parlement du Québec.

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