2011-12-11 12:00
Nouvelle
Le ministre québécois des Finances ne doit
pas abandonner les aînés!
« Nos
organisations représentent plus d’un million et demi de Québécois
et de Québécoises qui ont à cœur la bonification des régimes
publics de retraite, dans le but d’assurer une vie convenable à la
retraite, à l’abri des soucis, et d’améliorer le sort de nos
retraités qui sont laissés-pour-compte », a souligné le
président de la FTQ, Michel Arsenault.
Pour Louis Roy, président de la CSN, « les propositions d'Ottawa et du Québec
d'instaurer des régimes de pension agréés collectifs volontaires —
sans obligation pour les employeurs de cotiser à un régime de
retraite ou de mettre sur pied des régimes sectoriels — constituent
une occasion ratée. La CSN veut qu'on s'assure que chaque
travailleur puisse réellement accéder à une retraite décente afin
de contrer la pauvreté. »
Les présidents des deux centrales syndicales ajoutent qu’«
il est important que le
gouvernement du Québec cesse d’intervenir à la pièce, sans vision
globale à plus long terme. C’est honteux de faire reposer sur les
seules épaules des travailleurs et des travailleuses la
responsabilité d’un revenu décent à la retraite. » Ils
rappellent également qu’ils ont déjà entrepris des démarches afin
de revendiquer la mise sur pied d’un comité de travail
patronal-syndical-gouvernemental qui aurait pour mandat de se
pencher sur l’avenir des régimes de retraite et de proposer des
pistes de solution.
Un aîné sur deux… dans la
pauvreté
Le regroupement de 75 organismes — représentant des jeunes sur les
bancs d’école jusqu’aux aînés à la retraite, en passant par des
personnes actives sur le marché du travail, en défense des droits
des travailleurs et des travailleuses, de ceux des femmes, des plus
démunis, des sans emploi ou des personnes immigrantes — estime que
la réunion des ministres des Finances est l’occasion rêvée, pour le
Québec, de se joindre aux sept provinces qui proposent déjà de
bonifier les régimes publics.
« Les règles exigent que toute
modification au RPC ait reçu l’approbation d’au moins deux tiers
des provinces représentant les deux tiers de la population
canadienne. La première exigence est atteinte, puisqu’au moins sept
provinces ont donné leur appui, dont la plus importante en nombre,
l’Ontario. Mais elles ne représentent pas les deux tiers de la
population du Canada. L’appui du Québec suffirait amplement pour
que cette deuxième exigence soit respectée, atteignant dès lors
plus de 85 % de représentation », a expliqué l’ex-actuaire
en chef du RPC Bernard Dussault, lançant du même souffle un appel
au ministre Bachand, « qui ne
peut rester insensible au fait que 44 % des aînés québécois
dépendent du Supplément de revenu garanti pour subsister, les
femmes encore plus que les hommes. Comparativement, ce pourcentage
est de 28 % en Ontario et cette dernière appuie la
bonification. »
Il est urgent d’agir!
Le regroupement demande au gouvernement du Québec et à son ministre
des Finances d’arrêter de se cacher et de dévoiler à la population,
qui les a démocratiquement élus, la position qu’il entend prendre
sur la bonification des régimes publics de retraite.
Pour le président de la FTQ, Michel Arsenault, il est temps que le
ministre des Finances entende les voix unies de la société civile
et permette aux retraités présents et futurs d’avoir accès à une
retraite décente. Pour le président de la CSN, il est temps que le
gouvernement du Québec rappelle aux employeurs leurs obligations
morales et sociales, en les obligeant à faire leur juste part, en
cotisant à des régimes de retraite.
En conclusion, les porte-parole du regroupement ont mis en garde le
ministre québécois des Finances de privilégier la voie du régime
volontaire d’épargne retraite. « Pour nous, c’est une vue de l’esprit de
penser que tout le monde a les moyens de se bâtir un fonds de
retraite suffisant pour assurer ses vieux jours. Les vraies
solutions demandent du courage politique et le ministre des
Finances doit cesser de prôner des solutions individuelles. C’est à
l’État de prendre ses responsabilités et de protéger les retraités
de la pauvreté. Il est urgent d’agir! »