2008-10-16 11:50
Nouvelle
La Francophonie syndicale interpelle les
chefs d’État et de gouvernement des pays francophones réunis au
Sommet de Québec
Pour Claudette Carbonneau, présidente de la
CSN, François Vaudreuil président de la CSD, et René Roy,
secrétaire général de la FTQ, organisations hôtes de la rencontre
syndicale : « Cette situation incombe en partie à la responsabilité
des pays riches, qui n’ont jusqu’ici pas respecté leur engagement
en matière de coopération et de solidarité internationale ».
Certains chefs d’État et de gouvernement du Sud n’ont pas su non
plus mettre en œuvre de véritables politiques de développement
économique et social au profit de leur population notamment
l’engagement pris dans la Déclaration de Ouagadougou sur l’Emploi.
La crise énergétique et alimentaire et ses conséquences aggravantes
sur les populations des pays en développement est essentiellement
due à la quasi-absence d’une gouvernance de la mondialisation et
aux spéculations financières au niveau planétaire. Cette situation
érode le pouvoir d’achat des travailleuses et des travailleurs et
rend aujourd’hui, les denrées de première nécessité et les produits
de consommation courante difficilement accessibles à une partie
importante des populations du Sud.
Les participantes et participants réclament que les dirigeants
politiques de la francophonie prennent les moyens pour solutionner
de manière durable la crise énergétique et alimentaire actuelle par
la conclusion d’accords de coopération justes et équitables, fondés
sur le respect mutuel entre pays du Nord et du Sud. Ils demandent
aussi aux chefs d’État d’intervenir auprès des institutions
internationales (Banque mondiale, FMI, OMC) afin que soit garantie
la primauté des droits humains et syndicaux dans la définition ou
l’établissement des règles financières et commerciales. Il est
certainement temps d’en finir avec l’économie du laisser-faire et
promouvoir une politique de justice sociale et de développement
durable.
Mamounata Cissé, Secrétaire générale adjointe de la CSI et
porte-parole de la Francophonie syndicale, demande aux chefs d’État
et de gouvernement de « contribuer aux efforts mondiaux afin de
combattre les effets du chaos financier qui règne actuellement et
éviter une récession mondiale menaçant l’emploi dans le monde
entier avec de graves conséquences sur les couches les plus
vulnérables notamment les femmes et les jeunes dans les pays les
plus pauvres ».
La Francophonie syndicale estime qu’il est impératif, voire urgent,
que soit mise en œuvre une véritable politique internationale afin
de construire un autre modèle de mondialisation fondé sur
l’élimination de la pauvreté, l’égalité et la solidarité des
peuples et l’amélioration des conditions de vie et de travail des
populations de l’espace francophone. Cette politique internationale
doit viser la mise en œuvre du programme de l’Organisation
internationale du travail (OIT) pour le travail décent, la pleine
réalisation des objectifs du millénaire fixés par les Nations-Unies
d’ici 2015 ainsi que le respect par les pays industrialisés de
l’objectif minimum fixé par les Nations-Unies d’allouer 0,7 % de
leur PIB à l’aide au développement, et ce, en dépit de la crise
financière.
La Francophonie syndicale demande également que les dirigeants
œuvrent de façon responsable vers la construction d’accords qui
protègent les communautés les plus vulnérables et l’environnement.
Les chefs d’État et de gouvernement des pays francophones doivent
aussi s’engager à annuler la dette des pays du Sud et utiliser les
fonds libérés pour renforcer les politiques de développement
durable. Une telle politique doit associer de près les
organisations de la société civile, notamment le mouvement syndical
qui porte des solutions alternatives.
Les chefs d’État et de gouvernement des pays francophones doivent
prioriser la question migratoire en mettant en œuvre des programmes
favorisant la libre circulation des personnes dans les pays du Sud
comme du Nord, l’insertion économique, sociale et culturelle des
travailleuses et travailleurs migrants, tout en garantissant leurs
droits fondamentaux au travail et la formation.
Sur ce chapitre les participantes et les participants dénoncent le
refus de certaines représentations diplomatiques au Nord comme au
Sud de délivrer des visas d’entrée aux représentantes et
représentants syndicaux invités à des rencontres interrégionales et
internationales.
La Francophonie syndicale demande aux chefs d’État et de
gouvernement de ne conclure des Accords de Partenariat Économique
(APE) que s’ils garantissent l’intégration économique régionale et
le respect des droits sociaux.
Les chefs d’État et de gouvernement doivent s’engager à œuvrer pour
la paix, la prévention et le règlement des conflits ainsi que
l’application des règles démocratiques face à la situation qui
prévaut dans certains pays de la francophonie : Mauritanie, Tchad,
Guinée, République démocratique du Congo etc.
Mody Guiro, Président de l’organisation régionale africaine de la
CSI-Afrique, a souligné que « les chefs d’État et de gouvernement,
l’Union Africaine et les institutions internationales, doivent
soutenir efficacement l’établissement de règles démocratiques
garantissant la tenue d’élections libres et des mécanismes
d’imputabilité ou de reddition de compte auxquels doivent être
soumises les personnes élues ».
La Francophonie syndicale demande le renforcement du rôle de l’OIF
en la dotant de suffisamment de ressources dans sa coopération
optimale avec les ONG/OSC dont les syndicats pour la réalisation
des missions définies par les chefs d’État et de gouvernement.
La Francophonie syndicale représente 15 millions de travailleuses
et de travailleurs de 96 organisations syndicales des pays
francophones affiliés à la Confédération syndicale internationale
(CSI). Cette dernière représente 168 millions de travailleuses et
travailleurs de 311 organisations nationales dans 155 pays à
travers le monde.
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