Zone de libre-échange des Amériques : La FTQ est favorable à l'ouverture des marchés, mais en tenant compte de la dimension sociale

QUÉBEC, 27 septembre 2000 - « Nous sommes favorables à l’ouverture des marchés, mais à condition que la libéralisation des échanges tienne compte davantage de la dimension sociale, en particulier des droits fondamentaux des salariés », a déclaré ce matin M. Henri Massé, président de la FTQ.

M. Massé a présenté le mémoire de la centrale devant la commission parlementaire qui examine la question de la création d’une Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA). Il était accompagné de M. Jean-Claude Parrot, vice-président du Congrès du travail du Canada, la grande centrale canadienne à laquelle la FTQ est associée.

« De prime abord, nous sommes inquiets devant l’enthousiasme peu nuancé des représentants du gouvernement du Québec lorsqu’ils s’expriment sur le libre-échange, en semblant en ignorer les effets néfastes, dit M. Massé. C’est pourquoi la FTQ et le CTC participeront activement au Sommet des peuples des Amériques, le sommet « parallèle » qui se tiendra à Québec en avril prochain en marge du Sommet des chefs d’État, pour présenter des solutions alternatives. S’il y a un sommet parallèle, c’est que les négociations du ZLÉA sont secrètes et n’ont donné lieu, jusqu’ici, à aucun vrai débat public. »

La FTQ a déposé à la commission copie du rapport annuel de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) sur les violations des droits syndicaux dans le monde. On y constate que plusieurs pays qui négocient la mise en place de la ZLÉA tolèrent, sur leur territoire, des conditions de travail identiques à celles qu’on pouvait trouver au Québec il y a cent ans. C’est le cas notamment dans les zones franches et dans les grandes plantations. Par ailleurs, plusieurs pays membres de la future ZLÉA ont commencé à brader leur patrimoine public.

Faire mieux que l’ALÉNA
« Québec doit réclamer que la ZLÉA ne soit pas une copie conforme de l’Accord de libre-échange nord-américain, qui est un modèle trop étroitement commercial », dit M. Massé.

L’ALÉNA a engendré jusqu’ici beaucoup d’inégalités entre les peuples et à l’intérieur des pays. Et s’il n’y pas eu d’hécatombe des emplois comme on le craignait, un grand nombre
des nouveaux emplois créés sont précaires, occasionnels, à temps partiel, mal rémunérés et sans avantages sociaux. De plus, les accords parallèles sur le travail et l’environnement n’ont pas permis d’améliorer le sort des salariés mexicains. »

La FTQ réclame d’inclure dans tout accord commercial l’obligation de respecter les droits fondamentaux des salariés tels que définis dans les conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT). C’est l’OIT qui doit être chargée d’en surveiller l’application. Le non-respect de ces droits entraînerait des sanctions commerciales. Le modèle de l’Union européenne est intéressant à cet égard.

Une Charte sociale
La FTQ propose que Québec s’engage à faire inclure dans toutes les formes d’ententes commerciales une « Charte sociale », c’est-à-dire des dispositions visant à protéger les droits sociaux et du travail, l’environnement, les droits humains et culturels ainsi que des programmes d’ajustement. Elle propose aussi que le Québec fasse alliance avec tous les gouvernements et tous les groupes qui se portent à la défense des services publics et du droit des États d’intervenir dans l’économie de leur pays.

La FTQ demande enfin à Québec de se faire entendre fortement sur la nécessité que les négociations de la ZLÉA se fassent dans la transparence et selon les règles démocratiques.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente près d’un demi-million de membres.

Source

  • FTQ
  • http://www.ftq.qc.ca

Renseignements

  • André Leclerc, Solidarité internationale FTQ
  • aleclerc@ftq.qc.ca