« Vers un syndicalisme sans frontières, un thème plus que jamais d'actualité » – René Roy, secrétaire général de la FTQ

Québec, le 16 octobre 2001 – « Confrontés comme nous le sommes à l’intolérance, la haine, l’ignorance, les inégalités et la misère qui constituent un terreau fertile pour le terrorisme, le resserrement des liens entre les syndicats aux niveaux régional, national et international s’impose plus que jamais pour combattre les inégalités et promouvoir un monde de partage et de redistribution équitable de la richesse », a déclaré M. René Roy, secrétaire général de la FTQ, à l’occasion de la tournée pré-congrès des dirigeants de la centrale dans la région de Québec.

Définir nos propres modèles
Le congrès de la plus importante centrale québécoise, comptant plus d’un demi-million de membres, se tiendra du 26 au 30 novembre prochain, à Québec, sous le thème « Vers un syndicalisme sans frontières ». Quelque 1 200 délégués y sont attendus pour débattre notamment des effets de la mondialisation au quotidien, dans leurs milieux de travail, et dégager des pistes de solution concrètes face aux injustices sociales et aux iniquités engendrées par une certaine conception de l’économie qui évacuerait toute idée de justice sociale.

« Nous ne voulons pas démoniser la mondialisation mais, au contraire, nous déployons tous les efforts, notamment dans la suite du Sommet des peuples où plus de 30 000 membres de la FTQ ont manifesté, pour que la société civile fasse partie des discussions, pour que les syndicats et les organisations progressistes soient inclus dans le processus ». Rappelant que la FTQ a déjà noué des liens solides tant avec l’AFL-CIO qu’avec les autres syndicats des Amériques, d’Afrique, d’Europe et d’Asie, notamment sous le chapeau de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL), le secrétaire général de la FTQ a insisté pour qu’on s’inspire d’expériences comme l’Europe sociale pour définir nos propres modèles.

« Les syndicats là-bas travaillent depuis plus de 25 ans à promouvoir un modèle de développement qui, tout en favorisant la croissance économique, tient compte des impératifs de justice sociale, même si aucun modèle n’est parfait », a-t-il ajouté.

Certaines entreprises profitent de la conjoncture
Dans un commentaire sur la conjoncture actuelle, M. Roy estime que certaines entreprises ont peut-être péché par excès de prudence, dans la foulée des attentats du 11 septembre, en procédant à des mises à pied massives. « Quand ton carnet de commande est rempli, pour ne pas nommer l’entreprise, et que tu licencies des milliers d’employés au cas où la conjoncture se dégraderait dans quelques mois ou dans un an, on doit se poser de sérieuses questions sur le rôle de certaines entreprises dans l’aggravation du ralentissement économique actuel », a repris le secrétaire général de la FTQ.

Les gouvernements doivent assumer un rôle de leadership
Quant aux différents paliers de gouvernement, M. Roy soutient qu’ils doivent faire preuve de leadership dans la conjoncture difficile que nous traversons. « Nous allons participer, vendredi prochain, à la consultation budgétaire de la ministre Pauline Marois dont nous reconnaissons par ailleurs l’effort de transparence.

« Nous allons également maintenir la pression pour qu’Ottawa adopte des mesures spéciales pour faire face à une situation tout aussi spéciale sur le plan économique. On ne veut pas nécessairement que le fédéral calque les mesures adoptées par le gouvernement américain, mais qu’à tout le moins il s’en inspire », a fait savoir M. Roy

Équité salariale : le 21 novembre doit être respecté
Autre point chaud dans les milieux de travail au fur et à mesure que la date butoir du 21 novembre approche, le respect par les entreprises des échéanciers pour la mise en place des programmes d’équité salariale préoccupe la FTQ.

« Nous avons réclamé depuis le début plus de transparence et une réelle consultation des syndicats, ce que nous n’avons pas obtenu jusqu’à présent. Le gouvernement s’est engagé à maintenir la date du 21 novembre comme échéance, il doit maintenir le cap sur cette date.

« Nous sommes prêts à nous asseoir avec les entreprises qui, de bonne foi, ont de la difficulté à établir un programme d’équité salariale mais nous ne sommes certainement pas prêts à ce qu’on dilue la loi ou qu’on modifie ses échéanciers », a conclu le secrétaire général de la FTQ.

Source

  • FTQ
  • http://ftq.qc.ca

Renseignements

  • Louis Cauchy
  • lcauchy@ftq.qc.ca