« Une vision globale des soins de santé doit inclure les médicaments » – Henri Massé, président de la FTQ

Montréal, le 28 mai 2002 – « Comme en 1996, on se retrouve à nouveau dans un climat de précipitation peu propice à la recherche de solutions viables à long terme sur la question des médicaments, sur un régime à caractère universel qui nécessite des modifications qu’on ne peut examiner sur le coin d’un table de cuisine », fera valoir en soirée le président de la FTQ, M. Henri Massé, devant la Commission parlementaire examinant le projet de loi no 98.

Un risque réel d’éclatement du régime

« Sans un contrôle efficace des coûts nous vous mettions en garde, déjà en 1996, contre un risque réel d’éclatement du régime d’assurance-médicaments. Nous en sommes presque là aujourd’hui.

« Et plutôt que de nous soumettre des solutions pour juguler les augmentations de coûts, vous nous arrivez avec une augmentation de 9,6 % et une élévation de la coassurance. Autant parler de mettre une croix sur le régime général », ajoutera le président de la FTQ.

Un acquis social

« Nous sommes prêts à faire une nouvelle évaluation de la situation, mais sans remettre en cause les principes d’équité et de solidarité qui permettent de maintenir ce régime comme un acquis social.

« La FTQ salue la proposition gouvernementale d’épargner les prestataires d’assurance- emploi et les personnes âgées recevant la prestation maximum de supplément de revenu. Par contre, si on ne fait rien pour les personnes qui ont un petit salaire ou les personnes âgées avec un petit supplément ou sans supplément ou encore pour ceux qui se voient refiler la facture d’une hausse des primes et de la coassurance dans leurs régimes respectifs, on limite sérieusement leur accès aux médicaments et même aux régimes collectifs », avertira M. Massé.

L’accès aux médicaments, un droit fondamental

« Pour nous, l’accès aux services de santé, ça englobe l’accès aux médicaments nécessaires. C’est un droit fondamental. On ne doit plus, au Québec, choisir entre manger ou acheter ses médicaments.

« La création d’un nouveau Conseil des médicaments permettrait, selon nous, une meilleure gestion des coûts, la définition du critère d’accès raisonnable et équitable et un suivi renforcé de l’utilisation des médicaments.

« Mais plus, le Québec doit se doter d’une véritable politique du médicament et non seulement d’un Régime qu’on évaluerait sur des bases purement comptables. L’évaluation du Régime d’assurance-médicaments doit s’inscrire dans le cadre de l’offre globale des soins de santé et de services sociaux », ajoutera le président de la FTQ.

Une vision globale et non cloisonnée des soins de santé

Au nombre de ses recommandations, la FTQ prône l’établissement de prix uniques pour les médicaments, égaux à ceux de la liste publique. La centrale s’oppose à la hausse généralisée de 9,6 % et à l’élévation de la coassurance à 27,4 % tout en se disant disposée à regarder une hausse équivalent à l’accroissement moyen du coût de la vie.

Enfin, la FTQ questionne la taxe générale sur les primes de 2,35 % (76 millions de dollars en 2000) et la taxe de vente sur les primes de 9 % (267 millions de dollars en 2000) tout en insistant sur la nécessité d’avoir une vision globale et non cloisonnée des soins de santé.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.

Source

  • FTQ
  • http://ftq.qc.ca

Renseignements

  • Louis Cauchy
  • lcauchy@ftq.qc.ca