« Une véritable politique énergétique et ça presse! » — Henri Massé, président de la FTQ

Montréal, vendredi le 3 mars 2006 — La Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec (FTQ) ne poussera pas les hauts cris devant la hausse annoncée de 5,3 % des tarifs d’électricité, surtout si on la met en perspective avec les cinq années de gel des tarifs qu’on a connues.

« Nous avions déjà mis en garde le gouvernement de l’époque, en commission parlementaire, contre une telle décision (le gel) qui semblait davantage procéder de calculs politiques que d’une véritable prise en compte de la réalité énergétique du Québec et de ses besoins de développement », a rappelé le président de la FTQ, M. Henri Massé.

« Par ailleurs, laisser planer des hausses possibles avoisinant les 10 % l’an prochain, c’est se tirer dans le pied du point de vue du développement économique, c’est irresponsable tant au niveau des distorsions économiques prévisibles qu’à celui de la perte par le Québec d’avantages concurrentiels sur les économies voisines », a déclaré M. Massé.

Il y a des limites à l’économie d’énergie!
« Et surtout, nous ne souscrivons absolument pas à l’argumentation voulant que cette hausse, ou d’autres plus importantes qu’on laisse planer pour les prochaines années, entraîne presque automatiquement un mouvement général d’économies d’énergie. C’est faux.

« L’expérience californienne, où les tarifs sont le triple des nôtres, devrait d’ailleurs nous inspirer pour réfuter de telles sornettes. Malgré des hausses vertigineuses et brutales des tarifs dans cet État de la Côte ouest, aucun effet ne s’est fait sentir sur les économies d’énergie ou sur un ralentissement de la demande », a fait valoir le président de la FTQ.

« Nous l’avons déjà dit avec force à l’occasion de la proposition avortée de hausses modulées, en janvier 2004, les familles démunies n’ont pas les moyens de se payer des thermopompes, des systèmes de biénergie, des maisons super performantes au plan énergétique et vivent souvent dans des logements peu ou pas isolés.

« Quant au réflexe d’économiser l’énergie, de fermer les lumières inutiles, de baisser le chauffage à un seuil acceptable, d’adopter des façons de faire responsables sur les plans environnemental et énergétique, il est passablement implanté chez nous.

« Il reste beaucoup à faire en terme de sensibilisation, mais nous ne sommes certainement plus les gaspilleurs d’énergie que nous étions depuis les années d’après-guerre », a repris M. Massé.

Une vraie politique énergétique, ça presse!
« Il faut cesser d’aborder cette question des hausses à la pièce, sans qu’elle s’inscrive dans une perspective plus globale des besoins et des moyens, tant résidentiels que des PME ou de la grande industrie », a ajouté le président de la FTQ.

« Nous l’avons répété à satiété ces dernières années et nous allons continuer à marteler sur le clou d’une nécessaire politique énergétique qui tienne compte des ressources et des besoins individuels, commerciaux, du développement économique et social.

« Pour les plus démunis, le gouvernement doit venir en aide aux personnes incapables de payer leur facture d’électricité en raison des hausses, c’est à lui de mettre en place des mesures fiscales ou autres pour aider les plus démunis par des crédits, des remboursements, etc.

« L’absence d’une telle politique de l’énergie fait en sorte que chaque hausse de tarifs, chaque variation des coûts énergétiques, entraînent un véritable psychodrame collectif qui n’aurait pas lieu d’être avec une politique énergétique bien comprise et assumée collectivement », a conclu le président de la FTQ.

Source

  • FTQ
  • http://ftq.qc.ca

Renseignements

  • Louis Cauchy
  • lcauchy@ftq.qc.ca