« Un sérieux coup de barre s'impose pour contrer la saignée des emplois dans la région » – Henri Massé, président de la FTQ

Alma, le 18 octobre 2001 – « Il va falloir donner un coup de barre sérieux pour contrer la saignée des emplois et relancer l’économie au Saguenay – Lac-Saint-Jean et à Chibougamau-Chapais. Il ne faut pas se contenter seulement de projets ponctuels qui poussent comme des champignons pour se terminer avec des centaines d’emplois qui disparaissent du jour au lendemain.

« Le gouvernement doit faire sa part pour générer des projets structurants et permanents en mettant à contribution ses bras économiques comme la Société générale de financement et Investissement Québec et le Fonds de solidarité mettra la main à la pâte », a lancé le président de la FTQ, M. Henri Massé, à l’occasion de la tournée pré-congrès des dirigeants de la centrale à Alma.

Rappelant que la région comptait 4 000 chômeurs de plus qu’à pareille date l’an dernier, que le ralentissement se faisait sentir dans la forêt, le papier et que les scieries réduisaient le nombre de quarts de travail, le président de la FTQ a insisté pour la mise en valeur et la transformation locale des ressources disponibles en abondance dans la région.

Développons ici une véritable industrie de la transformation
« Il doit être révolu le temps où la région se contentait de fournir aux industries du sud une matière première de qualité et à prix abordable qui nous revenait sous la forme de produits finis.

« C’est là tout le sens de l’intervention de la FTQ et du Fonds de solidarité auprès des divers paliers de gouvernement et des décideurs économiques dans le dossier de l’aluminium notamment. La matière première est ici, l’énergie est disponible et à coût abordable. Retroussons-nous les manches et développons ici une véritable industrie de la transformation », a ajouté M. Massé.

L’électricité, un service public qui doit le demeurer
« Lorsque nous parlons de projets structurants et créateurs d’emplois, nous ne parlons certainement pas de projets de mini-centrales confiées à des exploitants privés. La position de la FTQ et de ses Conseils régionaux est claire sur ce point et elle a même été réitérée pas plus tard qu’hier soir à la table des MRC par les dirigeants régionaux de la FTQ. Nous voulons que la région se développe davantage, pas que certains en profitent pour s’en mettre plein les poches sans créer d’emplois récurrents », a expliqué le président de la FTQ.

Nous devons imposer des normes sociales dans les accords d’échange
« Mais en même temps qu’il nous faut accélérer le développement régional, il ne faut pas oublier que la mondialisation de l’économie est déjà largement un fait avec lequel il faut composer. Nous devons imposer des normes sociales et un plancher décent de conditions de travail dans les accords d’échange en discussion actuellement. Personne ne le fera à notre place », a souligné M. Massé, insistant sur les liens solides établis par la FTQ avec l’AFL-CIO américaine, les autres syndicats des Amériques, d’Afrique, d’Europe et d’Asie, notamment sous l’égide de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL).

Ces débats seront au centre du congrès de la FTQ qui se tiendra du 26 au 30 novembre prochain à Québec sous le thème « Vers un syndicalisme sans frontières », congrès où sont attendus plus de 1 500 délégués et observateurs. La question de l’intégration des jeunes dans les milieux de travail et dans les structures syndicales, de même que celles de la gestion des caisses de retraite et de l’investissement éthique seront également débattues par les délégués.

Devancer les échéanciers des programmes d’infrastructures
« Nous devons aujourd’hui dégager des pistes de solution pour faire face aux injustices sociales, pour combattre efficacement les inégalités. Mais nous demandons également aux gouvernements de faire preuve de leadership face aux annonces de mises à pied massives qu’on connaît actuellement, certaines entreprises abusant de la conjoncture créée dans la foulée des attentats du 11 septembre.

« Les gouvernements doivent mettre le pied sur l’accélérateur et devancer les échéanciers des programmes d’infrastructures, soutenir activement des programmes de travail partagé, faciliter l’accès aux programmes de formation et lever les barrières à l’assurance-chômage », a repris le président de la FTQ.

Équité salariale : la date du 21 novembre doit demeurer ferme
Quant au dossier de l’équité salariale, la date de mise en vigueur des programmes, le 21 novembre prochain, doit demeurer ferme. « La FTQ, dont plus du tiers des 500 000 membres sont des femmes, s’est battue depuis assez longtemps pour l’application d’une loi proactive en matière d’équité salariale.

« Il est grand temps que les effets s’en fassent sentir dans tous les milieux de travail. Et nous avertissons les entreprises qui tenteraient de s’esquiver de leurs responsabilités que nous les talonnerons sans répit. Les travailleuses ne demandent pas de cadeau, elles demandent justice », a conclu le président de la FTQ.

Source

  • FTQ
  • http://ftq.qc.ca

Renseignements

  • Louis Cauchy
  • lcauchy@ftq.qc.ca