Un non catégorique au dégel des frais de scolarité

Montréal, le 15 février 2007 – À la veille de la prochaine campagne électorale provinciale et du Conseil général élargi du Parti libéral du Québec, les étudiants collégiaux et universitaires ainsi que le milieu syndical demandent à Jean Charest et à son parti de préserver les acquis quant aux frais de scolarité. Le Parti libéral est le seul à ne pas s’être encore engagé sur la question. La FECQ, la FEUQ, la FTQ, la CSN et la CSQ unissent leur voix pour demander aux libéraux de maintenir le gel des frais de scolarité.

« Les étudiants considèrent qu’il est d’abord et avant tout de la responsabilité des gouvernements provincial et fédéral de financer davantage nos universités », commente Christian Bélair, président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). Lors de la campagne électorale de 2003, le Parti libéral s’était engagé à réinjecter 240 millions de dollars sur cinq ans. Il a fallu attendre 2006, soit la fin du mandat des libéraux, pour qu’à peine le tiers de cette somme soit versé. Qui plus est, cet argent ne provenait pas directement des coffres de Québec mais bien d’Ottawa qui l’avait promis dans le cadre du budget 2006.

De surcroît, le gouvernement de Jean Charest n’a toujours pas fait la preuve qu’il était en mesure de récupérer auprès du gouvernement Harper les montants correspondant au transfert pour l’éducation postsecondaire. « Au total, ce sont 1,2 milliard pour le Québec qui dorment à Ottawa et que Jean Charest tarde toujours à récupérer. Tout le monde du milieu postsecondaire s’entend sur la question. Qu’est-ce que Jean Charest attend pour livrer la marchandise? », questionne Henri Massé de la FTQ. « 1,2 milliard pour le Québec, c’est de l’argent! On règlerait une bonne partie du sous-financement des cégeps et des universités sans avoir à piger dans la poche des étudiants. »

Claudette Carbonneau de la CSN croit que demander aux étudiants de payer davantage n’est pas une solution. « La société québécoise ne peut permettre un recul sur l’accessibilité des jeunes aux études postsecondaires. Le Québec a besoin d’augmenter la main-d’oeuvre qualifiée, de hausser les compétences des travailleuses et des travailleurs : c’est une question d’avenir et de choix de société. Les économies de bouts de chandelles auront des effets pervers et la société en paiera le prix. » La présidente de la CSN estime qu’il est illusoire de penser que le dégel des frais de scolarité comblera le sous-financement des collèges et universités.

Accroître l’endettement étudiant n’est pas une solution à l’amélioration du système universitaire. Lorsqu’ils terminent un programme de baccalauréat, les étudiants accumulent en moyenne près de 12 000 $ de dettes. « Commencer sa vie active avec une dette de plusieurs milliers de dollars, c’est un boulet qui ralentit ton évolution. Les nouveaux travailleurs qui traînent une dette d’études vont souvent remettre à plus tard certains projets de vie comme avoir des enfants, s’acheter une maison, etc. Il ne faut pas oublier que l’endettement étudiant a des impacts économiques et sociaux », ajoute Réjean Parent de la CSQ.

« D’ici 2008, c’est 70 % des nouveaux emplois créés qui nécessiteront un diplôme d’études postsecondaires. Le maintien des frais de scolarité à un bas niveau est un choix social, mais aussi un choix économique. Il faut que le Parti libéral du Québec s’engage à maintenir les acquis lors de son Conseil général élargi », conclut Etienne Hudon-Gagnon, président de la FECQ.

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