« Un consensus régional est à portée de main dans le dossier du Mont Orford » – René Roy, secrétaire général de la FTQ

Québec, mercredi le 24 mai 2006 – « Pour peu que tout le monde y mette du sien, un consensus régional solide est à portée de main dans le dossier du Mont Orford. Ce n’est pas la population de l’Estrie qui a voulu faire de ce dossier un enjeu national mais c’est elle qui se mobilise aujourd’hui pour le régler », a déclaré en après-midi aujourd’hui M. René Roy, secrétaire général de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, en marge de la Commission parlementaire sur le projet de loi 23.

Le ministre Béchard a sûrement débranché ses écouteurs

« Nous avons suivi de près l’évolution des discussions tant au CLD qu’à la MRC Memphrémagog et lorsque le ministre Béchard avance qu’il n’a rien entendu de neuf qui lui ferait modifier sa position, il a sûrement débranché ses écouteurs.

« Il faut avoir vécu et ressenti les tensions et les divisions dans la communauté locale au moment de l’annonce de la vente d’une partie du parc du Mont Orford pour réaliser à quel point les parties ont évolué dans leur approche de la question », a ajouté le dirigeant de la FTQ.

Un projet qui assure la rentabilité du centre et le maintien des emplois

La FTQ a repris dans sa présentation en commission parlementaire des éléments importants de la position respective du CLD et de la MRC : maintien de la propriété publique du territoire du parc, appel de projets récréotouristiques sous bail emphythéotique, respect de la volonté exprimée par la population estrienne, etc.

La proposition de la FTQ implique qu’on renonce à toute cession de parties du territoire actuel du parc national du Mont Orford, qu’on renonce à la construction de condominiums à l’intérieur du parc. La FTQ est d’avis qu’un projet récréotouristique incluant la construction d’un petit hôtel ou d’une auberge au bas des pentes de ski, ainsi que des boutiques, permettrait d’assurer la rentabilité du centre, la création et le maintien d’emplois.

« Ce projet se ferait sous bail de nature emphythéotique dont la durée restera à déterminer. Certains ont déjà suggéré une période de 30 à 40 ans mais la durée nous importe peu, c’est le principe de propriété publique qui nous importe. Tout projet récréotouristique devrait s’accompagner de l’obligation pour le promoteur de s’engager à réinvestir dans le centre de ski et dans la restauration de la montagne.

« La construction de condos pourrait se faire sur les terrains que détient déjà le promoteur du projet initial, M. André L’Espérance, à proximité du parc. Un télésiège d’accommodement pourrait relier ces condos au terrain situé au bas des pentes de ski, comme cela se fait, notamment, à Stowe, au Vermont », a précisé M. Roy.

Le gouvernement devra prendre acte du consensus régional

« Ce qui est important, c’est que l’impasse actuelle entourant le mont Orford soit résolue par ceux et celles qui devront de toute manière continuer de vivre ensemble, en Estrie. C’est pourquoi nous lançons un appel à toutes les personnes intéressées à travailler dans ce sens-là à le faire savoir. Le gouvernement devra prendre acte de ce consensus régional et agir en conséquence.

« Chose certaine, ce n’est pas à Québec et ce n’est surtout pas en légiférant que le gouvernement trouvera la solution. Si une loi est nécessaire, elle viendra après le consensus que les Estriens et les Estriennes seront parvenus à établir, pas avant », a fait valoir le secrétaire général de la FTQ.

Des études d’impact environnemental

Là où le gouvernement peut apporter une précieuse contribution, selon la FTQ, c’est en faisant faire les études d’impact environnemental qui seront nécessaires pour bien encadrer les travaux ou les développements à venir.

De telles études permettraient de répondre à plusieurs des questions soulevées dans le rapport du BAPE que le ministre Thomas Mulcair avait commandé en novembre 2004, et qui portent, en particulier, sur la protection de la valeur écologique du parc, des ruisseaux qui le traversent et des espaces environnants.

« Le gouvernement monte aux barricades pour traquer les entrepreneurs qui bafouent les lois de l’environnement en construisant sur des milieux humides, notamment à Laval et à Longueuil. Ne pourrait-il montrer la même sensibilité pour l’intégrité d’un parc national emblématique et gardien d’une faune et d’une flore uniques? », a questionné en conclusion René Roy.

La FTQ est la plus grande centrale syndicale québécoise avec plus de un demi-million de membres.

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Source : FTQ
Renseignements : Louis Cauchy, 514 235-3996