« Un budget à saveur virtuelle » – René Roy, secrétaire général de la FTQ

Le 10 décembre 2001 – « Les investissements annoncés dans le budget Martin au chapitre de la sécurité aux frontières et ailleurs, en termes d’infrastructures et de ressources humaines ajoutées, sont créateurs d’emplois tout en répondant à un certain climat d’insécurité dans la population. Nous accueillons favorablement la somme supplémentaire prévue de deux milliards de dollars dans les infrastructures tout en questionnant la création d’une fondation pour administrer des montants qui arriveront sans doute trop tard pour soutenir l’économie », a déclaré M. René Roy, secrétaire général de la FTQ, en réaction au budget déposé par le ministre Paul Martin.

Insuffisance des mesures pour le renforcement de la croissance économique
« Toutefois, avec les milliers d’emplois perdus pour la seule FTQ depuis septembre, particulièrement dans les secteurs de l’aérospatiale et du bois d’œuvre, nous nous serions attendu à des mesures plus généreuses pour le renforcement de la croissance économique et la bonification de l’assurance-emploi à même les surplus accumulés de 42,8 milliards de dollars dans cette caisse », a souligné le secrétaire général de la FTQ.

En 1990, 82 % des sans-emploi au Québec touchaient des prestations d’assurance-chômage, alors qu’il n’y en a que 46 % aujourd’hui avec les restrictions apportées au régime. La FTQ a déjà demandé au gouvernement fédéral d’assouplir les règles d’admissibilité au programme afin de couvrir notamment les jeunes, les nouveaux arrivants sur le marché du travail, et les travailleurs saisonniers et de bonifier les prestations versées.

« Nous saluons une mesure comme la réduction de la période de carence pour les apprentis, mais c’est nettement insuffisant dans l’ensemble. Le gouvernement devrait également multiplier les mesures de partage du temps de travail avec compensation dans les secteurs les plus touchés par les mises à pied massives et ce, à la demande même des syndicats concernés, comme on l’a vu dans le transport aérien », a ajouté M. Roy.

Rétablir le transfert social canadien (TCSPS) au niveau d’avant 1983
La FTQ déplore que le ministre Martin n’ait pas profité du présent budget pour rétablir le Transfert social canadien (TCSPS) pour la santé, l’éducation post-secondaire et l’aide sociale au niveau d’avant 1983, soit 23 % de ces dépenses provinciales, ce qui impliquerait, pour toutes les provinces, un réajustement à la hausse de quelque 10 milliards de dollars.

Comme elle l’a fait valoir devant la Commission sur le déséquilibre fiscal, la FTQ demande que ces montants soient remplacés par un transfert sous forme de points d’impôt sur le revenu des particuliers équivalent. « Ce transfert de points d’impôt offrirait une source de revenus plus stable et prévisible, à l’abri de décisions unilatérales du gouvernement fédéral », a indiqué le syndicaliste.

Supplément de revenu garanti
« Jamais plus on ne devrait priver les aînés à faibles revenus d’un supplément de revenu garanti auquel ils ont pourtant droit. On parle ici de l’amélioration des conditions de vie de 68 000 personnes âgées au Québec seulement.

« Le gouvernement fédéral a manqué une belle occasion d’apporter immédiatement des correctifs afin que ce programme soit mieux connu et plus facile d’accès. Il aurait de plus été normal que le budget prévoie une redistribution aux aînés des quelque 3 milliards de dollars que le fédéral a empochés sur leur dos », a insisté René Roy.

La FTQ appuie enfin l’augmentation de l’aide internationale canadienne qui avait été considérablement réduite ces dernières années, au moment où des populations entières souffrent de la faim, d’un manque d’infrastructure en santé, en éducation, d’approvisionnement en eau, etc.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.

Source

  • FTQ
  • http://ftq.qc.ca

Renseignements

  • Louis Cauchy
  • lcauchy@ftq.qc.ca